Quel est le défi qui a inspiré votre projet ?

En Allemagne, les projets sociaux sont souvent difficiles à mettre en œuvre dans les villes populaires non seulement parce que ces villes sont très chères, mais aussi parce que les projets les plus appropriés sont généralement accaparés par les utilisateurs habituels, qui tirent avantage de l’approbation plus rapide de ces projets par les comités concernés. Au vu de ce contexte, nous sommes très heureux d’avoir pu louer l’ancien centre pour personnes âgées St. Hildegard, à Düsseldorf-Garath, à la Fondation Graf Recke, un organisme à but non lucratif. Il était important pour l’ancien propriétaire et exploitant de cette institution, qui a récemment construit un nouveau bâtiment dans la propriété voisine, que le centre continue à être utilisé à des fins sociales. Le nouveau locataire a donc converti ce bâtiment classé en un lieu d’hébergement social pour des enfants, des adolescents et des adultes ayant des besoins différenciés ou présentant un handicap mental.

Le quartier Garath, situé au centre de Düsseldorf, s’inscrit dans un projet de développement urbain qui vise à le préparer aux enjeux futurs : « Quartiersmanagement Garath 2.0 ». Il a été conçu sur base d’une analyse étayée et grâce à la participation à plusieurs niveaux des résidents et d’autres parties prenantes. Le défi consistait à convaincre les parties prenantes concernées de l’intérêt de créer un centre pour enfants et adolescents à Garath, et de dissiper les craintes et préjugés existants.

De quelle manière avez-vous innové pour résoudre ce problème ?

Quiconque travaille dans le secteur de l’immobilier sait pertinemment bien que l’obtention d’un permis de bâtir peut prendre énormément de temps, surtout lorsque le bâtiment est classé. C’est la raison pour laquelle nous avons privilégié, dès le départ, une approche pluridisciplinaire pour ce projet, en initiant et en faisant progresser de nombreuses démarches de manière concomitante. En d’autres termes, de nombreux points ont pu être réglés anticipativement alors qu’ils ne le sont habituellement qu’après l’obtention du permis de bâtir.

En outre, nous avons utilisé notre réseau pour impliquer l’administration, les responsables politiques locaux et les résidents du quartier à un stade précoce. Lors du processus de vote et de participation qui a suivi, nous avons, dès lors, réussi à rallier une écrasante majorité en faveur du projet.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre projet ?

En tant que banque durable, la Banque Triodos est très importante pour nous. Nous l’avons choisie car sa philosophie cadre parfaitement avec la nôtre. La Banque Triodos comprend bien mieux que d’autres banques commerciales les problèmes spécifiques liés au financement d’un bien tel que celui-ci pour une institution sociale. Les personnes de contact connaissent tout simplement leur métier et se montrent beaucoup plus flexibles dans le traitement de points particuliers. L’aspect relationnel a été très important pour nous dès le départ.

Quel a été l’impact de votre entreprise sur votre secteur ?

Nous voulons démontrer que le secteur spécifique de l’immobilier social peut fonctionner différemment, en n’étant pas uniquement guidé par les chiffres. Avec le projet de Düsseldorf-Garath en particulier, nous montrons que la rentabilité maximale ne doit pas toujours constituer le facteur décisif. Un bien immobilier ne peut être géré durablement que s’il s’intègre dans la structure du quartier et n’est pas perçu comme un corps étranger.

Quel a été l’impact de votre entreprise sur la collectivité ?

Nous sommes très heureux de réussir à générer un double bénéfice : il n’est pas honteux de produire un rendement financier, mais, dans le même temps, cela nous rend heureux de faire avancer un projet socialement utile. En tant qu’entrepreneurs, nous remplissons notre responsabilité sociétale et nous donnons quelque chose en retour à la population locale. Cela crée un sentiment de bonheur. Nous aurions pu privilégier d’autres projets pour ce site, comme y aménager une pension de famille, par exemple. Au lieu de cela, nous avons consciemment choisi une solution sociale, en ayant la volonté de construire un projet emblématique, s’inscrivant dans une perspective d’utilisation à très long terme pour l’ensemble du quartier.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

La Banque Triodos nous a soutenus dès l’amorce du projet pour développer notre vision d’un centre social pionnier et pour le concrétiser en partenariat avec la Fondation Graf Recke. Comme nous, la Banque Triodos estime que la durabilité d’un bien immobilier se reflète aussi dans son type d’utilisation – même si l’on a conservé le style architectural très particulier du célèbre architecte allemand Gottfried Böhm – ainsi que dans la façon dont le bâtiment s’intègre dans son environnement.