2015
Soins de santé

Benoît Ceysens, directeur Ferme Nos Pilifs

Qu'est-ce qui a inspiré ce projet ?

Pour rester des acteurs solides dans une économie en perpétuelle mutation, les entreprises de travail adapté doivent apprendre à travailler de manière flexible avec l’économie traditionnelle.

Il nous faut un modèle économique inclusif, ce qui impose de réorganiser l’énergie, les emplois et les produits de manière à ce que chacun puisse trouver un travail. Cela suppose de jeter des ponts entre l’économie sociale et l’économie traditionnelle. Nous devons réinventer notre manière de travailler.

En outre, il est important que la ferme ne soit pas uniquement considérée comme une entreprise de travail adapté. Les gens ne doivent pas y aller par charité. La Ferme Nos Pilifs est une entreprise à part entière, exigeante sur l’utilité et la qualité du travail réalisé.

Quelle idée avez-vous eue pour répondre à ce problème ?

La Ferme Nos Pilifs a fait de la diversification sa ligne de conduite. Elle a choisi de développer des petits métiers artisanaux locaux, proches des besoins des gens, avec une forte dimension relationnelle et non délocalisables.

Les visiteurs y trouveront une jardinerie et une entreprise de jardin écologiques, un estaminet, une épicerie bio vendant entre autres les fruits récoltés sur place, une boulangerie et pâtisserie artisanales, un parc animalier, un service de manutention et d'envoi de mailing. La Ferme Nos Pilifs emploie aujourd'hui 170 personnes dont 140 ont un handicap modéré.

Chaque activité est conçue sur mesure en tenant compte des capacités de l’employé et chaque travail doit avoir une dimension sociale, un rendement suffisant et rentrer dans le cadre écologique.

Quel impact la Banque Triodos a-t-elle eu sur votre entreprise ?

Comme toute entreprise, la Ferme Nos Pilifs a besoin de partenaires financiers fiables. Lorsque nous avons rencontré la Banque Triodos la première fois, c’est plus qu’une relation « client/fournisseur » qui s’est établie, c’est une vraie relation de partenariat.

Lorsque nous avons un projet qui nécessite un investissement important, nous posons la question de la pertinence de tel ou tel mode de financement. Les réponses obtenues sont toujours d’abord des conseils et ensuite des propositions commerciales. C’est précieux de pouvoir faire une totale confiance à son banquier.

Quel impact le projet a-t-il eu sur le secteur dans lequel vous êtes actif ?

Le modèle d’entreprise inclusive que la Ferme Nos Pilifs a développé est unique dans le secteur. Une telle diversification et une telle ouverture sur le quartier et la ville sont uniques.

Cette particularité n’empêche pas la Ferme Nos Pilifs d’être très active au sein de la fédération FEBRAP et de militer en faveur du maintien des emplois pour les travailleurs les plus faibles.

Quel impact votre projet a-t-il eu sur la collectivité ?

L’implantation de la Ferme Nos Pilifs à Neder-Over-Heembeek a eu un impact positif sur le quartier. En effet, par la nature de ses activités ouvertes sur son quartier et par son implication dans la vie sociale de Neder-Over-Heembeek, la Ferme Nos Pilifs a donné une identité positive au quartier. La rencontre entre nos travailleurs et les « voisins » permet une véritable intégration dans le quartier.

En quoi la Banque Triodos partage-t-elle la vision du projet ?

Donner un emploi aux personnes porteuses d’un handicap et les valoriser socialement cadre parfaitement avec les principes de base de l’économie sociale - un secteur dans lequel la Banque Triodos est présente depuis 20 ans déjà en tant qu’acteur financier.