Environement

Énergies renouvelables

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

C’est le manque de financements pour les projets des communautés locales qui est à l’origine du parc éolien Awel Co-op. Nous avions remarqué que beaucoup de mécanismes locaux de revitalisation économique devaient continuellement solliciter des subventions, ce qui rendait leur situation financière instable. Nous avons donc voulu créer un projet générateur de revenus à travers un parc éolien qui fournit un flux de revenus durable pour ces projets communautaires.

Nous avons opté pour un projet éolien car nous voulions également répondre aux défis du changement climatique et de la transition vers une économie bas carbone. La zone qui entoure le parc éolien a été historiquement une communauté de mineurs et le déclin de cette activité charbonnière a durement touché la région. Par conséquent, les gens ont adhéré à l’idée du parc éolien en tant que patrimoine détenu par la communauté au profit de tous, mais aussi comme le symbole d’une économie locale qui abandonne les énergies fossiles pour une énergie durable.

De quelle manière innovante vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

Comme la communauté locale se caractérise par de faibles niveaux de revenus, il n’a pas été facile de rassembler l’argent nécessaire pour l’étude de faisabilité, la planification et la construction — autant d’étapes indispensables avant que les éoliennes ne génèrent la moindre électricité. Notre solution a été de structurer le projet en coopérative afin que tout le monde puisse se sentir propriétaire. La construction de quelques éoliennes représente beaucoup de travail acharné, mais ce n’est pas vraiment innovant. Notre innovation a consisté à utiliser l’effervescence née durant la période de construction du parc éolien ainsi que le modèle de copropriété du projet pour faire de la publicité et gagner l’intérêt de la population locale.

Quel impact la Banque Triodos a-t-elle eu sur votre entreprise ?

En réalité, le parc éolien n’aurait jamais vu le jour sans la Banque Triodos. C’est un projet qui se chiffre à 8,25 millions de livres sterling, et le prêt de Triodos s’élève à 5,25 millions de livres sterling. Il s’agit donc d’une part essentielle du financement. De surcroît, le fait d’être financé par la Banque Triodos a suscité la confiance des gens dans le projet. Parce que le projet a été analysé en profondeur par un regard indépendant, davantage de personnes ont voulu acheter nos actions, dont la valeur totale est actuellement de 2,5 millions de livres sterling.

En plus du soutien financier, nous avons bénéficié d’un nombre incroyable de conseils durant les années de développement du projet. La Banque Triodos a formulé des suggestions en matière de planification et d’exécution du plan pour atteindre les meilleurs résultats. Elle nous a également éclairés sur les différents éléments que nous devions mettre en place pour sécuriser les financements. Plus récemment, Triodos nous a aidés sur le plan des relations publiques et de la publicité au niveau local, et j’ai eu énormément de commentaires positifs de la part de gens qui ont vu le film Changemakers, produit par Triodos et dans lequel apparaît Awel Co-op.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

Il s’agit d’un projet relativement petit si l’on regarde l’ensemble du secteur des énergies renouvelables, mais nous avons eu un impact significatif à l’échelle des projets communautaires au Pays de Galles. C’est, de loin, le plus grand programme communautaire de la nation. L’ampleur de notre offre d’actions et le montant du financement octroyé par la Banque Triodos ont généré beaucoup d’intérêt. Je pense que cela a ouvert les yeux de la population sur le potentiel des énergies renouvelables dans les communautés locales. Nous sommes même en discussion avec de nombreux membres du gouvernement gallois, qui scrutent ce que nous avons fait et souhaitent voir notre initiative répliquée. Au début de cette année, j’ai reçu le titre honorifique de Membre de l’Ordre de l’Empire britannique en raison de l’impact du projet sur le paysage énergétique de l’ensemble des communautés locales au Pays de Galles. Tout ceci mène indirectement à des changements de politique pour soutenir une telle démarche énergétique et encourager une copropriété entre des communautés locales et des développeurs commerciaux.

Quel a été l’impact de votre entreprise sur la collectivité ?

L’un de nos objectifs est d’impliquer davantage la communauté locale et de lui donner une part active dans le projet. Pour ce faire, nous offrons un volume d’actions d’une valeur de 100.000 de livres sterling à des écoles et associations locales, ce qui leur assurera des revenus durables. Nous avions déjà donné des actions à certaines écoles et nous les avons invitées à visiter le parc éolien. Cela a été une façon extraordinaire de susciter l’adhésion de la communauté. Dès que les enfants réalisent qu’ils sont les propriétaires des éoliennes, ils se sentent plus inspirés.

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Le principal défi a été d’adapter le projet à un territoire qui connaissait un fort développement dans le domaine des énergies renouvelables (éolienne, solaire, bois, etc.) en anticipant sur une technologie inexistante au moment du développement du projet. Nous devions aller chercher le vent haut, il fallait un constructeur qui puisse livrer les machines sur un site qui manquait d’accès adaptés et, enfin, répondre aux particularités du raccordement au réseau. Nous ne pouvions clairement pas travailler avec des machines que les fabricants nous proposaient voici 10 ans. Nous devions donc « inventer » la machine adaptée à ce parc.

Quelle innovation vous a permis de résoudre ce problème ?

Quand on parle d’innovation, il faut avant tout se placer dans la perspective « paysagère ». Quand il sera mis en service, ce parc se composera des éoliennes les plus hautes de France (180 mètres en bout de pale). Nous devions donc surmonter la limite « psychologique » des 150 mètres. Comme il a fallu briser le plafond des 100 m voici 10 ans. Nous avons parié sur le fait que les constructeurs déclineraient leurs machines avec des pales en deux morceaux pour pouvoir livrer les machines sur des sites difficiles d’accès et, enfin, nous avons mené une discussion efficace et pragmatique avec le gestionnaire du réseau pour trouver une solution économiquement acceptable pour le raccordement du parc.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

Pour l’accompagner dans ce projet innovant, le groupe UNITe a choisi la banque Triodos en raison de sa compétence et de son expertise depuis de très nombreuses années dans le financement de parcs éoliens et de projets innovants dans les énergies renouvelables en général.

La banque Triodos a été intégrée au projet en sa qualité d’agent dès l’obtention des autorisations, à savoir à un stade précoce de la phase de construction. Elle a été le véritable moteur du groupe de banques impliquées dans le projet, tant en ce qui concerne la rapidité avec laquelle les accords de financement ont été obtenus, que dans sa capacité à sortir des procédures classiques de financement de projets d’énergie renouvelable. Par exemple, elle a intégré le financement participatif au plan de financement, et ce, au niveau tant de la dette senior qu’à celui des fonds propres.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activités ?

Le groupe UNITe, et plus particulièrement ALTECH, sa filiale de développement de parcs éoliens, a, à de nombreuses reprises, relevé des défis à première vue insurmontables. En 2001, nous avons obtenu le permis d’urbanisme pour le parc éolien sur la commune de Boulin en Vendée qui, à l’époque, était le plus grand parc (20 MW), avec les éoliennes les plus hautes et avec la puissance nominale la plus élevée en France… L’impact touristique et financier sur la commune serait extrêmement positif. En 2010-2011, ALTECH a une nouvelle fois obtenu les permis l’autorisant à implanter le prototype d’éolienne offshore d’Alstom, dénommé HALIADE 150, sur le site du Carnet en Loire-Atlantique. Enfin, le parc éolien se composant des éoliennes les plus hautes de France a été mis en service en 2017. En résumé, le groupe UNITe a, en collaboration avec sa filiale ALTECH, démontré via ses développements de projet qu’une approche sensible et respectueuse du territoire permettait de relever tous les défis afférents à l’aménagement du territoire.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

Dans les communes d’implantation du parc éolien, Saint-Secondin et Ferrière-Airoux, nous avons bénéficié d’un soutien sans faille des collectivités locales ; premièrement, de Monsieur Baudifier, ancien Maire de Saint-Secondin, et ensuite, du Maire actuel, M. Saumur. Au vu de ce support, il était donc normal que notre approche se focalise sur l’économie de la circonscription. Les PME et entreprises plus importantes ont bénéficié des retombées économiques du projet à un stade précoce, à l’instar des commerces et hôtels locaux qui ont vu d’un très bon œil l’arrivée du personnel du chantier durant un an dans un contexte économique difficile.

Enfin, depuis 11 ans, nous accompagnons au quotidien les actions de sensibilisations relatives aux énergies renouvelables et menées par la collectivité, que ce soit en participant aux journées de sensibilisation, aux colloques ou en ouvrant une partie du capital du parc éolien à l’investissement participatif.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

La Banque Triodos partage avec UNITe la vision à long terme de l’investissement dans les énergies renouvelables et le souci de concilier transformation énergétique et aménagement responsable du territoire. Nous intervenons ensemble lors de colloques sur les énergies renouvelables et consacrés à la manière d’intégrer le financement participatif dans les projets afin de favoriser l’investissement local et de participer au développement du réseau intelligent (rapprochement de la production et des consommateurs finaux).

Le groupe UNITe a développé des liens étroits avec la banque Triodos pendant la phase de financement du projet, ce qui nous a permis de confirmer que nous partagions une vision commune du développement responsable.

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Garth Wind Limited est exploitée par North Yell Development Council, qui est un organisme caritatif se consacrant au développement de la collectivité dans notre région. Notre slogan - « Entreprise, Initiative et Auto-développement » -a été adopté voici longtemps et ce projet est parfaitement adapté à son ambition.

Les réalisations d’autres collectivités avec l’énergie éolienne nous ont impressionnées et nous avons estimé qu’il pourrait s’agir d’un projet que nous pourrions entreprendre afin de promouvoir l’énergie renouvelable et de générer des revenus pour la collectivité. Nous avons estimé que cela pourrait être très bénéfique pour l’ensemble de la région.

Quelle innovation vous a permis de résoudre ce problème ?

En 2003, la décision a été prise de mener un projet de construction de cinq éoliennes produisant 4,5 MW d’énergie verte pour le réseau Shetland et de générer un revenu pour la collectivité. Nous avons rencontré de nombreux problèmes dans le cadre du développement du projet, y compris l’obtention d’un raccordement au réseau et des soucis urbanistiques et fonciers. Le défi était de taille pour le groupe. La collectivité est donc très fière que le parc éolien soit aujourd’hui terminé.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

Nous avons opté pour la Banque Triodos, car elle avait déjà fait ses preuves dans des projets similaires en Écosse et en raison de l’expérience qu’elle a accumulée dans sa collaboration avec les agences écossaises de développement. Si l’on y ajoute le comportement éthique de la banque, nous avions la garantie qu’elle serait un partenaire de choix dans notre entreprise. La banque était le principal bailleur, ce qui garantissait les progrès du projet. Nous avons étroitement collaboré avec l’équipe de Triodos et la participation a garanti le déroulement harmonieux du projet.

Quel impact votre entreprise/organisation a-t-elle eu sur votre secteur d’activités ?

Le parc éolien que nous avons construit produira 4,5 MW d’énergie verte. Cette énergie verte remplacera la production de combustibles fossiles dans les Shetlands en vertu d’un accord particulier avec l’opérateur du réseau. Elle permettra également de respecter les objectifs écossais, britanniques et européens en matière de production d’énergie renouvelable.

Quel a été l’impact local de votre entreprise/organisation sur la collectivité ?

North Yell Development Council a été constitué à la fin des années 40 et s’est engagé envers la collectivité à favoriser le développement et le progrès depuis lors. Ce projet était d’une ampleur jamais atteinte par le passé et était truffé de défis. L’opération a été supportée et rendue possible par des volontaires, à l’exception du recrutement d’un gestionnaire de projet au cours des ultimes étapes. L’ensemble de la collectivité a fait montre d’un remarquable intérêt au cours de la phase de construction et d’un soutien sans faille en dépit de perturbation de courte durée pendant les travaux.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

Sur son site Internet, la Banque Triodos clame qu’elle offre « des services bancaires durables, en utilisant la puissance de la finance, afin de soutenir des projets qui bénéficient aux populations et à la planète. Nous estimons que les services bancaires peuvent être une force puissante au service du bien : servir les individus et les collectivités et construire une société plus durable. »

Cette déclaration correspond aux objectifs caritatifs qui constituent la base de l’engagement de notre association envers notre collectivité ainsi qu’à notre vieux slogan : Entreprise, Initiative et Auto-développement.

Énergies renouvelables – Exemple concret (photo)

Chris Derde, manager Fortech

Quelle est la source d’inspiration de votre projet ?

À la fin du siècle dernier, le secteur éolien a réalisé une percée au Danemark et en Allemagne. Les développements technologiques ont fait de l’énergie éolienne une option intéressante pour l’approvisionnement en électricité.

Nous voulions produire de l’énergie éolienne dans notre propre région, le Pays de Waas. Quatre amis d’enfance et moi-même avons alors créé la coopérative Wase Wind. Elle avait pour objet de réunir le financement nécessaire pour l’achat des éoliennes, mais aussi d’attirer dans le projet autant de personnes que possible. Ce faisant, nous sommes responsables de leur investissement.

Nous veillons, dès lors, à ce que notre entreprise soit financièrement saine, sans pour autant viser un bénéfice outrancier. Nos principales tâches consistent à bien gérer l’argent investi et à continuer à faire œuvre de pionnier, notre objectif ultime étant de produire 100% d’énergie renouvelable.

Quelle innovation a permis de résoudre le problème auquel vous vous êtes attaqué ?

En 2000, un petit groupe de personnes a décidé de créer une entreprise dans le domaine des énergies renouvelables. Le secteur énergétique avait fait l’objet, au cours des années précédentes, de fusions et d’acquisitions, et il était contrôlé par de grandes entreprises. Tant la forme juridique de notre entreprise que la technologie étaient nouvelles. La structure de l’entreprise est duale, avec d’un côté Fortech et de l’autre Wase Wind : cela permet de limiter les risques pour les coopérateurs et de pouvoir livrer une énergie éolienne à prix avantageux.

Nous avons également opté pour les éoliennes les plus performantes du marché. Reposant sur une technologie de pointe, elles étaient, lors de leur mise en service, les plus grandes et les plus puissantes du Benelux.

Depuis, Wase Wind a grandi jusqu’à totaliser 2.000 coopérateurs, qui investissent ensemble dans l’énergie éolienne locale. L’électricité produite est utilisée par les coopérateurs, à domicile et au sein d’entreprises locales. Elle alimente également des bâtiments publics, comme les centres sportifs et les maisons communales.

Chaque client participe à l’investissement et perçoit en retour une partie des bénéfices. L’énergie éolienne a ses détracteurs, qui se plaignent du fait que les turbines leur gâchent la vue, ont une grande ombre portée ou causent des nuisances sonores. Nos voisins sont pourtant nos plus grands fans, car nous restons en contact étroit avec eux et discutons de toute nuisance éventuelle. Nous organisons des fêtes où chacun est convié et nous accueillons aussi, chaque année, quelque 750 élèves des écoles de la région.

Quel impact la Banque Triodos a-t-elle eu sur votre entreprise ?

Lorsque nous avons obtenu les autorisations nécessaires pour notre premier projet éolien en 2004 et avons débuté sa réalisation, les grandes banques traditionnelles ont refusé de le financer. Elles ne connaissaient absolument rien de ce secteur naissant.

La Banque Triodos, elle, possédait ces connaissances et elle a financé notre projet à des conditions correctes. Elle a, en outre, apporté son expertise concernant, entre autres, les garanties des constructeurs, qui allaient s’avérer essentielles dans une phase ultérieure. La Banque Triodos a donc joué un rôle crucial lors du démarrage de notre projet et elle est restée notre partenaire pour les projets suivants, même lorsque d’autres banques se sont soudain déclarées prêtes à les financer.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur le secteur dans lequel elle est active ?

En tant que pionniers dans le secteur éolien belge, nous avons assumé des responsabilités dans l’organisation sectorielle flamande ODE (Organisatie Duurzame Energie) et, partant, nous avons lancé la Vlaamse WindEnergie Associatie (VWEA).

Très vite, nous avons fédéré toutes les entreprises actives dans l’énergie éolienne en Flandre et noué des collaborations avec nos collègues wallons. La VWEA est devenue le porte-parole du secteur éolien et, grâce à des délibérations internes efficaces au sein de groupes de travail, elle a été reconnue par les autorités. Une patiente concertation au sein du secteur et avec les autorités a permis d’affiner progressivement la législation concernant l’énergie éolienne, de façon à ce qu’elle puisse offrir aux entreprises comme aux riverains les garanties nécessaires.

Quel impact votre projet a-t-il eu sur la collectivité ?

Depuis 2005, les trois éoliennes de Fortech, implantées le long de l’autoroute E17 à Kruibeke, produisent suffisamment d’électricité verte pour couvrir la moitié de la consommation domestique des 15.000 habitants de Kruibeke et des alentours.

Fortech est également à l’origine du projet éolien Braemland II, de l’autre côté de l’E17, à hauteur de Melsele. Ce parc est en activité depuis 2009 et alimente en électricité verte 2.300 ménages. L'électricité est proposée par la scrl Wase Wind aux familles et aux entreprises (agricoles) du Pays de Waas.

En quoi la Banque Triodos partage-t-elle la vision qui sous-tend votre projet ?

La Banque Triodos partage avec Fortech - Wase Wind une vision claire, à long terme, en matière d’énergie durable. Outre l’augmentation de la capacité des sources d’énergie renouvelables, il est important d’investir simultanément dans un système énergétique plus robuste, socialement intégré et équilibré. De nouvelles technologies permettent, par exemple, de relier différents acteurs locaux et contribuent ainsi à la création de circuits courts, efficaces et décentralisés.

L’impact est encore amplifié par un ancrage local dans les villes, entreprises et communautés qui peuvent utiliser l’énergie ainsi produite. Des modèles durables comme celui de Fortech - Wase Wind ne se limitent donc pas à la dimension environnementale, mais misent également sur l’implication sociétale.

Alimentation durable, agriculture biologique et développement des espaces naturels

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Le développement dans les années 1960 et 1970 d’exploitations agricoles de plus en plus grandes a dramatiquement changé l’agriculture. Les nombreuses conséquences sont pour la plupart négatives : la liberté de mouvement et le bien-être des animaux ont souvent décliné. En revanche, l’alimentation et l’agriculture biologiques prêtent attention à l’environnement et au bien-être animal : les animaux disposent, notamment, de plus d’espace que dans les fermes conventionnelles, et les manipulations génétiques comme les pesticides chimiques sont interdites. Le défi relevé par DO-IT a été de promouvoir cette approche de l’agriculture plus favorable à l’environnement.

De quelle manière innovante vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

DO-IT a été fondée en 1991 par Poppe Braam. Comme son fondateur, l’entreprise est mue par un fort engagement à encourager l’agriculture biologique et à construire des relations commerciales durables avec les fermiers dans les pays en développement et les acheteurs européens, ainsi qu’entre ces deux groupes. DO-IT a développé des liens avec 170 fournisseurs dans plus de 20 pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, et leur achète plus de 850 produits : des noix, du quinoa, des fruits secs, du sucre, du riz, de l’huile d’olive… L’entreprise travaille étroitement avec les agriculteurs et les coopératives à un niveau local, et partage ses connaissances au sujet des pratiques agricoles biologiques. Elle a également lancé deux marques sur le marché, La BIO IDEA et Amaizin, disponibles dans certains magasins de produits alimentaires sains en Europe.

Quel impact la Banque Triodos a-t-elle eu sur votre entreprise ?

En 2016, le Triodos Organic Growth Fund a pris une participation minoritaire dans DO-IT. Celle-ci a trouvé par ce biais un investisseur qui partage sa vision et s’engage sur le long terme à aider l’entreprise à grandir et à concrétiser d’autres ambitions.

Lancé en janvier 2014, le Triodos Organic Growth Fund est un fond « evergreen » s’inscrivant dans une perspective à long terme. Il investit dans le capital d’entreprises de premier plan non cotées en Bourse, qui sont actives dans les produits de consommation durables en Europe, avec un fort accent sur l’alimentation biologique, les vêtements et textiles durables, et les soins personnels.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

En 2018, DO-IT sera, pour la cinquième fois, cosponsor d’une série populaire de six débats concernant l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation dans une perspective mondiale. Intitulée « It’s the food, my friend! », cette initiative a pour but de cocréer une vision élargie et à long terme sur l’alimentation, qui puisse contribuer à la mise en place d’un secteur agroalimentaire économiquement, socialement et écologiquement durable. Quelque 300 personnes d’horizons différents – agriculteurs, étudiants, banquiers, commerçants, consultants et représentants gouvernementaux – participent à ces débats.

En outre, Poppe Braam, CEO de DO-IT, est un administrateur actif de BioNederland, l’association néerlandaise des producteurs et des distributeurs de produits biologiques, ainsi que de la Stichting EKO-Keurmerk, le plus ancien label de qualité de l’alimentation biologique, très connu aux Pays-Bas. Il participe aussi activement à la création et au renforcement de l’Association internationale du commerce des produits biologiques.

Quel a été l’impact de votre entreprise sur la collectivité ?

Fort heureusement, un nombre croissant de consommateurs choisit d’acheter et de manger des produits bio. Pour pouvoir répondre à cette demande, il est capital d’accroître les cultures biologiques, y compris dans les pays en développement. Grâce aux relations à long terme qu’elle a développées avec des agriculteurs et producteurs au cours des dernières années, DO-IT est bien placée pour aider à satisfaire cette demande et, par ce biais, faire primer les intérêts des agriculteurs. L’entreprise a principalement développé ses propres projets agricoles, en association avec de petits agriculteurs et des coopératives à un échelon local. L’objectif de ces projets de commerce équitable n’est pas seulement d’avoir accès à des produits de grande qualité certifiés bio, mais aussi de contribuer à améliorer la qualité de vie des fermiers avec lesquels elle travaille.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle la vision qui sous-tend votre projet ?

La société consomme plus de ressources naturelles que la Terre ne peut en produire. Cette surexploitation mondiale, dictée par une vision consumériste à court terme, conduit à l’épuisement des ressources naturelles, comme la baisse de fertilité des sols, la diminution de la biodiversité et une résilience moindre dans les chaînes d’approvisionnement de produits alimentaires et d’autres produits de consommation. Ces défis imposent une transition inéluctable vers une production et une consommation durables, une transition que DO-IT et la Banque Triodos soutiennent l’une et l’autre.

La Banque Triodos entend accélérer la transition vers des systèmes agricoles et des modèles de consommation plus durables en finançant, dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, des entreprises qui, comme DO-IT, préservent la nature, soutiennent l’équité et la transparence, améliorent les moyens de subsistance des agriculteurs et encouragent une consommation réfléchie.

Quel défi ce projet devait-il relever ?

Jaap Korteweg, exploitant d’une ferme biologique, a commencé ce projet de boucherie végétarienne il y a près de dix ans, motivé par l’idée d’exclure les animaux de la chaîne alimentaire. Il s’est rendu compte que nous élevions des animaux dans un seul objectif : les manger. Les animaux sont souvent considérés comme des « machines de production de viande ». De plus, un élevage intensif engendre régulièrement des crises, telles que les épidémies de grippe aviaire ou de peste porcine, induisant de vastes programmes d’abattage.

Ces problèmes peuvent être évités, car, selon Jaap Korteweg, les animaux ne sont pas nécessaires pour produire de la viande. Le projet Vegetarian Butcher permet de produire de la viande végétale. Mieux encore, il produit des saucisses, des boulettes et des croquettes à partir d’ingrédients végétaux - mais ayant la saveur et la structure de la viande.

En quoi l’approche du projet est-elle innovante ?

Le projet Vegetarian Butcher est un exemple classique d’une activité innovante, et ce, tant dans les recettes des produits que dans leur mode de commercialisation. La boucherie prépare les substituts à la viande à partir des graines de lupin et de soja afin de produire des fibres étant « fermes sous la dent ». Voilà les ingrédients principaux des produits qui fournissent la saveur de la viande.

L’entreprise s’est classée en troisième position au concours de la Gouden Gehaktbal [boulette d’or] organisé par un quotidien national néerlandais et rassemblant 43 participants ayant utilisé de la vraie viande. Le projet Vegetarian Butcher connaît une progression exponentielle. Les produits sont largement distribués et sont disponibles dans les rayons des magasins de produits alimentaires biologiques et des supermarchés classiques aux Pays-Bas.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur ce projet ?

La Banque Triodos a financé la construction et l’équipement de la Vegetarian Butcher Factory à Breda depuis le début de l’année 2017. Jusqu’à ce jour, l’entreprise sous-traitait la production de la viande végétale à des sociétés tierces. Mais, en raison de sa croissance rapide, il est essentiel que la production soit gérée par l’entreprise même. C’est ce qui a justifié la construction de la nouvelle usine, qui a ouvert ses portes en 2017. Outre le prêt accordé par la Banque Triodos, l’entreprise a également organisé une campagne fructueuse de financement participatif qui a permis de récolter 2,5 millions d’euros pour la construction de l’usine.

Quel est l’impact du projet sur le secteur ?

Jaap Korteweg est un entrepreneur à succès dont l’influence, en sa qualité de « boucher végétarien », inspire le secteur agricole et alimentaire.

En bref, il a débuté comme agriculteur biologique dans une entreprise familiale qui a été transmise de père en fils depuis des générations. Mais il poursuivait un rêve : produire de la viande végétale. La croissance de ses activités a convaincu d’autres agriculteurs biologiques qu’il est possible de réaliser un rêve avec une bonne dose d’inspiration et beaucoup de travail. Cette inspiration est essentielle dans un secteur souvent conservateur et protectionniste.

Quel est l’impact du projet sur la société ?

La pression écologique induite par la production de viande est plus importante que celle gérée par les cultures. Les bœufs, les porcs et la volaille, pour ne citer que ceux-là, engendrent d’énormes excédents de lisier qui polluent les sols et les eaux souterraines. Les exploitations avicoles rejettent également de gros volumes de particules fines qui polluent l’air et sont nocives pour la santé publique. La production de viande végétale génère donc une valeur ajoutée substantielle si l’on se place dans une perspective sociale. Elle permet simplement d’éviter des problèmes importants.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision dans le cadre de ce projet ?

La Banque Triodos finance les entrepreneurs qui travaillent avec leur cœur et leur tête. Jaap Korteweg en est un excellent exemple. Il poursuit un idéal social : produire de la viande saine d’une manière respectueuse de l’environnement et des animaux. Il est parvenu à atteindre son idéal. Cette association de l’idéalisme et du pragmatisme correspond parfaitement à la mission et à la vision de la Banque Triodos.

Färm désigne une coopérative de magasins d’alimentation durable proposant, notamment, des produits biologiques, locaux, issus du commerce équitable ou de petites entreprises familiales… Mais Färm représente bien plus qu’un magasin biologique. C’est une coopérative qui unit producteurs et consommateurs pour que le trajet parcouru par les aliments soit le plus court possible. Ainsi, la collaboration entre ces deux parties permet à notre société de se nourrir de la manière la plus durable et la plus délicieuse possible.

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Notre vision est de faire de l’alimentation à nouveau un lien entre les hommes. Nous souhaitons utiliser l’alimentation comme un vecteur de sens dans la société, ce que nous avons perdu au cours de ces dernières décennies, étant donné que l’industrie agroalimentaire s’est convertie en une industrie financière et n’est plus vraiment le terreau de la société humaine.

À la base, un magasin est un lieu où des liens peuvent être noués, où les produits sont un vecteur de communication entre le consommateur, qui retrouve également le sens de son acte, et le producteur qui est derrière le produit et qui met tout son savoir- faire, son cœur, afin de le transformer en un produit qui va être consommé avec plaisir.

Quand nous avons débuté en 2009, nous étions parfaitement conscients que les consommateurs bio étaient des personnes extrêmement attentives, soucieuses de l’impact à la fois environnemental ou humain. Ces personnes ont également été une source d’inspiration au début de nos activités.

Quelle innovation vous a permis de résoudre ce problème ?

Nous avons des démarches commerciales d’achat auprès des producteurs et des coopératives. Ainsi nous avons l’intention de faire avec Färm un outil qui permette de créer des filières résilientes en créant des coopérations effectives avec les producteurs. Agribio en est un exemple. Il s’agit d’une coopérative de producteurs céréaliers en Wallonie, mais qui sont également meuniers - ils font leur propre farine à la ferme. En 2016, nous nous sommes associés afin de créer une coopérative, dont les parts sont détenues selon un rapport de 50/50, afin de constituer une nouvelle coopérative boulangère. Cette coopérative produit tout le pain que nous distribuons dans nos magasins Färm, mais également dans tous les autres commerces souhaitant bénéficier de cette offre d’un pain 100% naturel et bio, sans ajouts de produits autres que de la farine, de l’eau et du sel.

La prochaine étape consistera à mettre sur pieds de nouvelles filières de production ayant un impact encore plus important : pour la viande, les produits laitiers, les produits céréaliers, les produits maraîchers.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

La collaboration avec Triodos nous a permis d’augmenter le nombre de points de vente puisqu’elle nous finance et nous accorde un appui enthousiaste à chacune de nos demandes. Nous avons noué une relation de confiance entre nos deux entités. De plus, la collaboration entre Färm et la Banque Triodos démontre également que nous maintenons le cap en plaçant la durabilité au centre de toutes nos activités. Je considère donc qu’il s’agit d’un véritable partenariat qui nous renforce mutuellement.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activités ?

Il est vraiment intéressant de constater que les fournisseurs et producteurs souhaitent de plus en plus construire avec nous des filières résilientes et durables, lorsqu’ils se développent via notre réseau. Nous concluons de bien meilleurs contrats avec eux et nous nous engageons essentiellement dans l’élaboration de cahiers des charges se focalisant sur les aspects environnementaux et sociétaux afin d’améliorer encore l’impact sociétal de l’alimentation biologique et durable.

Un producteur ne veut plus se cantonner à sa fonction de production de masse et d’industrialisation de l’alimentation, il souhaite renfiler ses habits d’artisan en termes de produits et de la terre. Pouvoir offrir à ces producteurs une occasion de développer leurs activités, de laisser libre cours à leur passion et leurs valeurs grâce notamment à la coopérative Färm et aux magasins est extrêmement passionnant.

Quel a été l’impact de votre entreprise sur la collectivité ?

Les impacts sont doubles lors de l’ouverture d’un magasin Färm. Premièrement, la clientèle locale est très heureuse parce que nous ouvrons des points de vente à dimension humaine où la relation avec le commerçant est importante : par sa présence dans le magasin, notre personnel connaît nos clients et leurs habitudes. Nous réinstaurons donc une relation familiale avec le commerçant.

En ce qui concerne les collaborateurs, j’estime qu’ils recherchent également un sens dans leur travail, quel que soit leur emploi. C’est un réel défi à relever. Il n’est pas toujours aisé de se cerner la réalité et le sens d’un emploi qui n’est peut-être pas aisé au quotidien, à savoir travailler dans les champs, dans un magasin ou dans un bureau. Nous cultivons l’ambition que chaque action quotidienne au travail soit un acte de passion connecté à quelque chose de plus fort, de plus grand et de plus solidaire entre les différents acteurs, qu’il s’agisse des collègues ou des producteurs qui deviennent finalement des partenaires.

Via la coopérative Färm, nous poursuivons l’ambition de réinstaurer des liens au sein de la société tout simplement grâce à l’alimentation qui est la base de tout notre système.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

Le choix des produits est un élément intéressant et une base commune entre Triodos et Färm. À l’instar de Triodos qui sélectionne soigneusement ses produits d’investissement et les entités à qui elle accorde un crédit, Färm agit de même dans la sélection de ses produits et producteurs. Nous ne collaborons pas avec tout le monde et ne référençons pas n’importe quel produit. Voilà un exemple de base commune réelle entre nos deux entités.

Afin de garantir que les produits que nous vendons dans les magasins Färm soient les plus réfléchis et les plus engagés du marché, nous avons institué un Comité de marque au sein duquel tous les collaborateurs sont désormais invités à participer et à sélectionner les produits et marques pouvant figurer dans le catalogue Färm. Les produits satisfont à une palette de critères très stratégiques définis dans notre charte des produits qui transpose nos valeurs dans la réalité. Il s’agit de critères tels que des produits Fairtrade, biologiques, locaux, directs, la taille de l’entreprise, si le produit provient d’une entreprise familiale ou non, etc. Tous ces critères se reflètent dans chacune des marques proposées dans les magasins Färm et sélectionnées par tous les collaborateurs de manière participative et égalitaire.

Agriculture et alimentation biologiques – Exemple concret (photo)

Thomas Harttung, cofondateur d’Aarstiderne

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

En moyenne, si l’on considère l’agriculture biologique comme une industrie, nous faisons des promesses exagérées par rapport aux résultats obtenus. Søren [cofondateur d’Aarstiderne] et moi voulions aller à l’encontre de la pensée bio dominante pour devenir une entreprise performante. Nous voulions changer la façon dont les consommateurs perçoivent et consomment la nourriture.

Avec quelle innovation vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

Dans une perspective stratégique, il était surtout question ces dix dernières années de faire entrer le bio dans les mœurs afin de le rendre pertinent pour le marché. Notre innovation consistait à fournir des paniers-repas contenant aussi bien des fruits et des légumes que de la viande et du poisson, et intéresser les gens au bio au travers d’expériences gustatives. En outre, nous développons constamment de nouveaux modèles d’agriculture.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

En 1999, la World Organic Conference a organisé un atelier - auquel j’ai collaboré - consacré à la rencontre entre les investisseurs à risque ‘verts’ et les projets d’entreprises vertes. Il s’agissait aussi de développer la confiance entre les entrepreneurs verts et les banques. La Banque Triodos participait aussi à cet atelier et depuis, nous avons développé d’excellentes relations. La banque a investi dans notre entreprise et notre financement est devenu plus durable. Triodos a compris que ce mouvement consiste à faire quelque chose qui a du sens à long terme.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

Si l’on considère les deux à trois prochaines années, l’accent sera mis sur le développement d’un nouveau modèle d’agriculture biologique. Étant donné l’ampleur actuelle de l’agriculture biologique et l’intérêt manifesté par le public, il existe une véritable opportunité pour Aarstiderne de revisiter les principes les plus fondamentaux et de créer un système d’agriculture biologique qui soit plus en phase avec les aspirations et attentes réelles de nos clients.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

Aarstiderne s’est développée et compte aujourd’hui près de 54.000 clients, principalement au Danemark et en Suède. Elle a élargi la distribution de paniers de fruits et légumes pour y inclure des paniers-repas contenant des ingrédients équilibrés tels que de la viande/du poisson, des aliments végétariens, des aliments diététiques, etc., ainsi que des recettes. Nous sommes leader sur le marché parce que nous améliorons sans cesse la qualité de vie des gens, tout en étant attentifs à la durabilité. Nous permettons aux gens d’avoir la vie qu’ils désirent vraiment. Les jeunes professionnels urbains se démènent énormément parce qu’ils aiment leur travail et leur carrière, mais cela affecte leur capacité à prendre soin d’eux-mêmes et de leurs enfants. Ils veulent des solutions pour bien manger du lundi au vendredi et nous leur fournissons des solutions cohérentes. La bonne nouvelle, c’est que nos clients auront des ambitions toujours plus grandes et nous trouverons toujours des manières d’apporter des solutions efficaces porteuses de bien-être, d’une plus grande durabilité et d’un plus grand confort.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

Nos valeurs correspondent très largement à celles de Triodos. La Banque Triodos peut contribuer en étant un investisseur à long terme à nos côtés et également investir dans d’autres activités aux objectifs similaires, qui peuvent œuvrer à un meilleur avenir commun et à une innovation croissante. En apportant notre soutien et en investissant dans des entreprises qui partagent la même vision, nous pouvons augmenter la probabilité de générer un mouvement de grande ampleur.

Agriculture et alimentation biologiques – Exemple concret

Frank van Dommelen, senior relationship manager de la Banque Triodos

Quel défi a été la source d’inspiration du projet ?

Pour combiner la durabilité et le bien-être animal avec un management opérationnel moderne et rentable dans le secteur agricole, il faut innover constamment. C’est le cas de l’entrepreneur et agriculteur Sjaak Sprangers, qui gère sa ferme laitière partiellement située dans une réserve naturelle, entre Tilburg et ’s-Hertogenbosch, aux Pays-Bas.

Vu l’âge avancé de sa laiterie, il était devenu indispensable de trouver un nouvel abri pour les vaches de Sjaak. Le défi était ambitieux : construire une nouvelle étable, intégrée à l’environnement naturel, qui promeut le bien-être du bétail, limite les émissions d’ammoniac, protège les sols de la réserve naturelle, tout en offrant des perspectives à un entrepreneur moderne.

Avec quelle innovation Sjaak Sprangers s’est-il attaqué à ce problème ?

Tenant compte des multiples souhaits et contraintes, la construction d’une étable dans cet environnement naturel requérait un soutien très large et beaucoup de connaissances. Sjaak Sprangers a, dès lors, initié un dialogue avec des groupes environnementaux, l’association locale de défense de la nature, la municipalité de Kaatsheuvel, l’organisation agricole et horticole locale, l’association de protection des dunes, l’Université agricole de Wageningen et différents fournisseurs agricoles et techniques.

Pour la composante financière, il a approché un certain nombre d’organismes subsidiants à Bruxelles. Le ministre néerlandais des Affaires économiques a apporté sa contribution. Les fournisseurs et développeurs techniques ont également offert un soutien financier.

La combinaison de ces connaissances, de l’innovation, de l’inspiration, de la détermination, de l’engagement et de la passion de ces différents groupes a permis de développer un nouveau type d’étable, baptisée ‘Kwatrijnstal’.

En voici quelques caractéristiques :

Environnement :

La nouvelle étable abrite une laiterie innovante adaptée au paysage. Elle garanti un bien-être animal important, réduit les émissions d’ammoniac et peut compter sur un large soutien public. Elle est constituée d’un sol particulier, capable de séparer l’urine du fumier solide. Cela réduit fortement les émissions d’ammoniac et améliore la biodiversité.

Environnement naturel :

Grâce à son design transparent et à un modèle de toiture unique, l’étable s’intègre bien à l’environnement et les passants peuvent voir ce qui se passe à l’intérieur. Si on la compare à une étable fermée, la Kwatrijnstal apparaît comme nettement plus petite, en particulier parce que l’environnement est visible à travers le bâtiment.

La construction du toit, qui comprend différents niveaux, donne à l’étable une apparence plus sympathique, en harmonie avec l’ampleur du paysage et l’architecture traditionnelle de la région.

Bien-être animal :

Par rapport à une étable traditionnelle, les vaches ont 50% d’espace en plus pour se mouvoir. Des ‘îlots’ permettent aux bêtes de se coucher sur des lits de paille qui offrent une isolation et absorbent l’humidité. La paille apporte également une valeur supplémentaire au fumier solide. Une machine spécifique répartit automatiquement la paille dans les différents îlots.

La traite est réalisée grâce à un système mobile qui fonctionne à l’énergie solaire. L’étable est conçue pour qu’il n’y ait pas de ‘coins perdus’ où les animaux pourraient s’entasser. Les zones où les vaches peuvent se coucher sont très spacieuses et le portillon d’accès est ouvert. Cela évite que les bêtes ne se blessent elles-mêmes ou mutuellement. Évidemment, les vaches ont un accès illimité toute l’année à la réserve naturelle avoisinante.

Approche bio :

Les bêtes sont nourries avec des produits bio. Tout le fourrage provient de la réserve naturelle. Le fumier organique retourne à la nature.

La taille de l’étable réduit fortement les risques de maladie ou de blessure et les médicaments, tels que les antibiotiques, ne sont pas nécessaires. En partie pour cette raison, les vaches Jersey produisent un lait sain d’une qualité telle qu’il peut être transformé en crème glacée, fromage ou autre produit laitier bio au moyen d’un transformateur laitier de petite taille.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur le projet ?

Sjaak Sprangers possédait déjà une ferme bio et avait l’habitude de travailler avec l’une des grandes banques. Un financement supplémentaire était nécessaire car le projet exigeait une approche innovante et un support public. Il est arrivé à la conclusion qu’il avait besoin d’une banque qui correspondait à l’approche globale de son projet.

Grâce à la Banque Triodos, il a pu lever de l’argent ‘vert’ afin de construire l’étable. De plus, la Banque Triodos était bien connue dans le secteur et a fourni un apport constructif au cours de la planification du projet. D’autres parties prenantes ont également senti que l’implication de la Banque Triodos était positive.

Quel impact cette initiative a-t-elle eu sur le secteur d’activité concerné ?

Ce projet a suscité une forte attention des groupes de protection de l’environnement et de la nature, ainsi que de différentes organisations agricoles, en ce compris un groupe de travail et de conseil qui soutient les entrepreneurs désireux de développer des projets agricoles dans ou à proximité de réserves naturelles.

Le modèle de la Kwatrijnstal pourrait être adopté par davantage de fermiers. Ses promoteurs ont d’ailleurs l’intention de commercialiser le concept. Différentes excursions professionnelles sont organisées pour des collègues agriculteurs.

Quel a été l’impact local du projet sur la collectivité ?

Durant la préparation et la construction de l’étable, de nombreux voisins immédiats ont pu suivre ces développements. Cela a contribué à créer un large soutien public.
La nouvelle étable de Sjaak et Suzanne Sprangers a été inaugurée en grande pompe par la secrétaire d’État Sharon Dijksma en 2015, ce qui a donné au projet une visibilité nationale. L’étable et son approche montrent qu’il y a d’excellentes opportunités d’allier nature et agriculture.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle la vision de cet agriculteur ?

Le propriétaire est un producteur laitier bio passionné qui peut raconter de nombreuses anecdotes au sujet de ses animaux et de l’environnement naturel. Le bien-être de ses bêtes est une priorité pour Sjaak Sprangers ; pour lui, c’est inséparable d’un système agricole qui permet à un maximum d’éléments naturels de retourner à la nature, sans nécessiter d’engrais, pesticides, herbicides et médicaments. Cette approche cadre parfaitement avec la mission de la Banque Triodos.

Immobilier durable et crédits hypothécaires durables pour les particuliers

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Lorsque j’ai poussé la porte de Vitsœ pour la première fois, l’entreprise était basée en Allemagne et le design de ses produits était confié à Dieter Rams, par ailleurs responsable du design chez Braun. Dieter, un des plus importants designers industriels du XXe siècle, considère qu’un bon design est en relation avec l’homme et doit, par conséquent, être innovant, utile, compréhensible, discret, durable et respectueux de l’environnement. Dès lors, Vitsœ s’engage depuis près de 60 ans à fabriquer des produits qui durent longtemps, des produits qui peuvent être réparés et se compléter, des produits intemporels. C’est bien plus tard seulement, lorsque le mouvement écologique a pris de l’ampleur, que j’ai réalisé combien Vitsœ avait rencontré ces préoccupations environnementales dès les années 1950 par son approche empreinte de bon sens : concevoir des produits modulables, faits pour durer.

De quelle manière innovante vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

L’approche de Vitsœ est de permettre à plus de personnes de vivre mieux avec moins, ce qu’elles possèdent devant durer plus longtemps. Nous encourageons donc activement nos clients à acheter moins chez nous, en les assurant du fait que nous serons toujours là dans le futur lorsqu’ils voudront acheter des produits supplémentaires. Nous veillons même à ce que nos clients fassent figurer leur mobilier Vitsœ dans leur testament pour s’assurer du fait qu’il soit apprécié à sa juste valeur par un membre spécifique de la génération suivante. Le milieu académique nous qualifie d’« entreprise de la suffisance » parce que nous encourageons nos clients à n’acheter que ce dont ils ont absolument besoin. Par conséquent, nous ne pratiquons aucune ristourne et ne faisons pas de soldes car nous n’avons pas de produits obsolètes à liquider. Nous ne créons pas non plus de nouveaux coloris ou modèles pour tenter de stimuler les ventes à court terme. Dans la mesure du possible, tous nos nouveaux produits sont rétrocompatibles avec les anciens et il n’est absolument pas question chez nous d’obsolescence programmée.

Quel impact la Banque Triodos a-t-elle eu sur votre projet ?

Triodos est l’une des rares institutions financières avec lesquelles nous souhaitions réellement travailler. En 1973, dans son ouvrage « Small is Beautiful », E.F. Schumacher a désigné l’avidité et l’envie comme les racines des problèmes actuels de notre planète. Nous sommes désireux de collaborer avec ceux qui adoptent une approche plus altruiste. Lorsqu’en 2014 nous avons eu l’opportunité d’acquérir le site de notre nouveau siège social à Leamington Spa, nous avons estimé qu’à ce stade, la meilleure façon de procéder était de solliciter le soutien de nos clients. Nous avons crée l’Obligation Vitsœ et c’est ainsi que nous avons financé la construction et l’occupation de ce nouveau bâtiment. Une fois installés, nous avons approché Triodos pour voir si elle pouvait nous aider dans la phase suivante de notre croissance. Nous avons discuté avec d’autres banques, mais au fond de notre cœur, nous savions que seule la Banque Triodos comprendrait fondamentalement ce que nous tentions de réaliser.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

Dans un monde focalisé sur la mode, Vitsœ est résolument démodée – cela vaut pour l’entreprise mais aussi pour les produits qu’elle vend. Or, quelle ironie magnifique, le monde de la mode nous adore ! L’univers de la musique aussi. Une chouette photo de David Bowie le représente dans la position du lotus face à ses étagères Vitsœ, par exemple. Ce qui nous différencie de nos concurrents, c’est que nous avons été innovants dans la manière de communiquer étroitement avec nos clients du monde entier, en utilisant à la fois Internet et nos propres magasins. Nous faisons en sorte d’entretenir des relations directes avec eux dans plus de 60 pays.

Ma façon de voir les choses est que nous ne sommes pas véritablement une entreprise d’ameublement, nous faisons simplement des meubles. Lorsqu’on interroge nos clients, on voit que ce qu’ils reçoivent de notre part, c’est une meilleure qualité de vie. Nous enrichissons une sphère de leur existence qui induit souvent du stress, à savoir l’organisation de leur foyer. Ils ont confiance en Vitsœ, qui s’en occupe pour eux.

Quel a été l’impact de votre entreprise sur la collectivité ?

Nos activités sont dictées par le principe fondamental selon lequel une entreprise doit contribuer positivement à l’intérêt général. Cela signifie que votre communauté doit inclure vos voisins, employés, fournisseurs et clients. Notre nouveau siège social à Leamington Spa est une véritable déclaration d’intention. Nos fournisseurs sont, pour la plupart, situés à moins de 90 minutes d’ici, ce qui nous permet de disposer d’un solide cluster industriel. Notre immeuble est intentionnellement transparent : les gens peuvent voir à l’intérieur, et nous pouvons voir au dehors. Nous voulons être en liaison étroite avec notre communauté, y compris les nombreuses écoles, collèges et universités de la région qui forment nos futurs employés.

Nous avons construit un bâtiment qui accorde la primauté à l’homme. Il est fait de matériaux naturels, il est éclairé et ventilé naturellement. Il est conçu pour favoriser la discussion et réduire le besoin de réunions formelles, pour faciliter les relations fortuites entre collaborateurs, qui permettront de résoudre spontanément les petits problèmes quotidiens.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle la vision qui sous-tend votre projet ?

Le concept des 3P (People, Planet, Profit) que Triodos articule parfaitement s’accorde très étroitement avec la philosophie de Vitsœ. Nous devons trouver ces organisations dont le fonctionnement repose sur un engagement plus large envers les personnes et notre planète. Malheureusement, la liste est désespérément courte. Bien sûr, tout comme votre corps a besoin d’oxygène, de nourriture et d’eau pour survivre, une entreprise doit générer des profits. Mais ceux-ci ne sont pas la raison d’être de l’entreprise. Toutes les entreprises doivent avoir un objectif. Ce que nous tentons de faire - et je pense que Triodos le fait très bien également -, c’est d’exceller en tant qu’entreprise faisant les choses justes pour de bonnes raisons, tout en poussant le plus de personnes possible dans la même direction. C’est uniquement en agissant de la sorte que nous aurons une chance de rendre le monde meilleur.

Futurn est un développeur de projets qui se concentre sur la création de nouveaux espaces en réaménageant des sites sous-utilisés via la décontamination, la démolition, la rénovation et de nouvelles constructions. Dans le cadre de son projet Westgate, Futurn réaménage le site d’une ancienne imprimerie à l’ouest de Bruxelles. Le projet inclut le développement d’un parc industriel multifonctions sur le site existant de l’imprimerie étant donné que les activités de cette dernière seront progressivement réduites au cours des trois ou quatre prochaines années.

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Les terrains sont rares en Belgique. Nous devons donc faire preuve de créativité avec les terrains disponibles. Cela signifie également qu’un plus grand nombre d’entreprises se concentrent sur un espace réduit. Les anciens sites industriels ne sont pas intéressants, car les bâtiments et leur conception ne sont plus adaptés aux besoins des activités contemporaines. Dès lors, ils risquent de demeurer à l’abandon et de constituer un chancre dans le paysage local. Mais, en réalité, ces sites regorgent de potentialités.

Le contexte du marché est concurrentiel, ce qui signifie que nous devons nous assurer que nos projets de redéveloppement sont équivalents à ceux de nos concurrents en termes de prix et de qualité.

Quel était l’élément innovant dans la manière de résoudre ce problème ?

Le réaménagement d’anciens sites industriels est un défi de taille pour les développeurs de projets étant donné qu’ils peuvent être excessivement complexes en termes de problèmes technologiques, environnementaux, conceptuels, architecturaux, fiscaux et juridiques. Les projets complexes présentant certains risques incluent de nombreux aspects nécessitant une approche innovante.

Nous procédons à un examen détaillé de la qualité des bâtiments afin de savoir s’ils peuvent être récupérés - ou réutilisés sous la forme de matériaux. Certains matériaux de démolition sont recyclés dans le cadre de nos projets. Nous analysons également la valeur ajoutée en termes de restauration : comment pouvons-nous utiliser les bâtiments d’une nouvelle manière, leur offrir une deuxième jeunesse, une nouvelle affectation, leur permettant d’être adaptés à l’économie du futur.

In fine, nous essayons également de donner plus de corps à notre projet en associant les fonctions. Nous utilisons les routes et infrastructures et examinons l’esthétique et l’architecture d’un bâtiment dans le contexte de son environnement.

Quel a été l’impact de l’entreprise sur son secteur d’activités ?

Notre modèle commercial nous permet de regrouper plusieurs activités dans un espace plus confiné. Cela génère un environnement dans lequel les entreprises peuvent collaborer plus étroitement, car elles constituent une forme de collectivité commerciale au sein du projet.

Nous avons constaté que les autorités citent souvent nos projets en référence et encouragent le réaménagement quand cela est possible.

Quel a été l’impact de l’entreprise sur la collectivité ?

Futurn essaie d’intégrer la collectivité locale dans chacun de ses projets. Nous tirons parfois profit des évènements culturels et optons parfois également pour des évènements réservés aux jeunes ou aux sports. Nous suscitons ainsi une attitude positive envers le projet.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur l’entreprise ou l’organisation ?

La focalisation de la Banque Triodos sur les défis de la durabilité nous incite à poursuivre dans cette direction.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision dans le cadre de ce projet ?

La Banque Triodos apprécie l’essence même du modèle commercial de Futurn. Et plus particulièrement, le réaménagement de sites industriels existants afin de protéger et tirer profit des espaces restreints.

Quel défi a été la source d’inspiration de ce projet ?

Tres Cantos est la commune la plus récente dans la région de Madrid et a été officiellement créée en 1991. En 2003, la coopérative Arroyo Bodonal y a été créée quand un groupe de jeunes locaux a décidé, avec l’aide de leurs parents, de construire un immeuble se composant de 80 logements sur la base de critères durables et ces critères d’efficacité énergétique, et ce, afin de pouvoir continuer à vivre dans la ville de leur enfance.

La motivation sociale de ces familles était étroitement liée à leur motivation environnementale « bien que certains nous aient reproché que l’efficacité énergétique soit synonyme de logement de luxe », nous a déclaré Antonio Martínez, le secrétaire d’Arroyo Bodonal. Toutefois, elles ont rapidement pu démontrer que « les logements durables sont accessibles ». La totalité des 80 logements inclus dans le projet a été vendue peu de temps après leur mise en vente, engendrant des économies d’énergie significatives et des résultats économiques.

Quelle innovation vous a permis de résoudre ce problème ?

Ce projet de logement inclut l’utilisation et le contrôle d’énergies alternatives, telles que l’énergie géothermique pour le chauffage et le système de conditionnement d’air et les lampes LED. Associées à un système d’isolation, toutes ces mesures permettent une économie d’énergie de plus de 531.000 kWh. La réduction des émissions de CO2 par le bâtiment s’élève à 150 tonnes par an, ce qui correspond « au retrait annuel de 137 véhicules à essence ou à la plantation de 58 hectares de forêt – ou plus de 23.000 arbres », selon Arroyo Bodonal. Le bâtiment est équipé d’ascenseurs à récupération de l’énergie cinétique et d’un système de recyclage des eaux usées et de pluie permettant d’économiser annuellement quelque 7.000m3 d’eau.

Par exemple, le garage est pourvu d’emplacements de recharge des batteries des véhicules électriques, ce qui contribue à assainir l’air. L’intégralité de l’éclairage collectif est équipée de LED, les appareils électriques dans les logements sont cotés A+++ en raison de leur efficacité énergétique élevée, les ascenseurs fonctionnent avec l’accumulation statique (ils consomment de l’énergie lors de leur montée et accumulent une part de cette énergie quand ils descendent). Le système de ventilation, qui est conçu pour chaque logement, permet le refroidissement ou le réchauffement de l’air entrant en fonction de la température extérieure.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

Le secrétaire d’Arroyo Bodonal explique : « La Banque Triodos a fait ce qu’aucune autre banque n’a accepté. Outre l’analyse de l’aspect économique de l’entreprise, à l’instar de toute autre banque, elle a examiné le projet sous un angle technique afin de vérifier qu’il poursuivait son objectif de durabilité ». M. Martinez poursuit : « Je reconnais que la Banque Triodos m’était inconnue, mais quand j’ai contacté ses collaborateurs, j’ai revu mon opinion sur les services bancaires. »

Le projet a pu être concrétisé grâce aux contributions des membres de la coopérative et au financement de la Banque Triodos à hauteur de 15 millions EUR. Elle a également proposé des hypothèques durables aux résidents. Les fondateurs de la coopérative déclarent fièrement que « Arroyo Bodonal n’a pas reçu un seul cent d’aide publique ou privée ».

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activités ?

Ce projet de construction représente la plus grande installation d’énergie géothermique dans la municipalité de Madrid. Il s’agit également du plus vaste projet résidentiel de ce type en Europe en termes de nombre de logements, d’alimentation de ces derniers et de superficie du bâtiment. Le succès de ce projet a démontré à l’ensemble du secteur qu’il est possible de construire différemment, dans le respect des normes les plus élevées d’efficacité énergétique et sans surcoût excessif ; et ce, pour des habitations privées qui ne sont pas nécessairement luxueuses ou implantées à la campagne. Les résultats du contrôle de la consommation énergétique confirment la durabilité du projet et font de ce dernier une référence dans le secteur.

Les membres de la coopérative déclarent : « il s’agit d’une réalisation emblématique, non seulement au niveau régional ou national, mais également européen », car les ressources géothermiques ont, à ce jour, été uniquement utilisées pour des bâtiments de plus petites tailles en Espagne. Les ressources géothermiques, considérées comme source d’énergie, alimentent uniquement 0,03% des logements espagnols, par rapport à 30% dans des pays tels que la Suède.

En ce qui concerne l’efficacité énergétique, les logements ont bénéficié d’un label A. Ils sont conformes à la certification de durabilité internationale LEED. En effet, l’USGBC (US Green Building Council), qui délivre les certifications LEED, a décerné un label LEED Platinum au bâtiment.

Le bâtiment a remporté le prix de l’initiative immobilière à la plus grande efficacité énergétique du pays en 2016. Ce prix est décerné par ASPRIMA (Asociación de Promotores Inmobiliarios de Madrid – Association de promoteurs immobiliers de Madrid). Il a également récompensé du titre de meilleure installation géothermique dans la construction d’un bâtiment privé dans la municipalité de Madrid, un prix décerné par le Ministère régional de l’Industrie et de l’Économie.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

L’impact direct de la coopérative Arroyo Bodonal au niveau local est celui constaté sur les 80 familles qui occupent l’immeuble. Plus de 80% des acheteurs du projet résidentiel sont originaires de Tres Cantos, sont âgés de moins de 40 ans et avaient des difficultés à trouver un logement dans leur ville natale. La coopérative leur a donné l’occasion d’acquérir un logement proposant les normes les plus élevées en termes de durabilité.

La superficie moyenne des logements est de 100m2. Le coût énergétique moyen mensuel par logement occupé avoisine les 40 euros pour l’alimentation en eau chaude, le chauffage, le conditionnement d’air et le maintien d’une température entre 20 et 24°C toute l’année.

L’économie, vu le niveau de confort de ces logements, s’élève à 130.000 euros par an pour l’ensemble de l’immeuble, ou quelque 155 euros par mois pour un logement moyen.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

La Banque Triodos estime qu’il est nécessaire de stimuler la construction durable dans des secteurs tels que les services bancaires. Les secteurs qu’elle cible tiennent compte de l’environnement, un secteur englobant différentes initiatives publiques ou privées. La banque finance les projets immobiliers qui se distinguent par leur durabilité ou leur approche sociale. Elle offre également aux résidents l’opportunité de souscrire un emprunt hypothécaire Triodos (Hipoteca Triodos), comme c’est le cas d’Arroyo Bodonal dans le cadre duquel, vu le label énergétique A+ des logements, les acquéreurs ont bénéficié d’un taux d’intérêt inférieur pour leur emprunt hypothécaire.

Immobilier durable – Exemple concret (photo)

Wim van de Bogerd, CEO de KlimaatGarant

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Les immeubles, en ce compris les bâtiments résidentiels, sont responsables d’une partie importante des émissions totales de CO2 au niveau mondial. Et ces émissions contribuent au réchauffement climatique. Chez KlimaatGarant, notre conviction est qu’en construisant de manière efficace et durable par le biais des techniques existantes, nous sommes en mesure de fournir des maisons neutres en énergie et de limiter ainsi, dans une très large mesure, les émissions de CO2.

Avec quelle innovation vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

KlimaatGarant développe des maisons - et par voie de conséquence des communautés - neutres en énergie. Grâce au stockage de chaleur et de froid, à l’isolation optimale et à la ventilation, nous garantissons une facture de zéro euro pour le chauffage, la ventilation et l’approvisionnement en eau ; aucun coût énergétique donc, excepté pour l’utilisation des appareils électroménagers. Nos systèmes tirent leur énergie des panneaux solaires en toiture.

Traditionnellement, les fournisseurs d’énergie cherchent à vendre le plus d’énergie possible. C’est là la grande différence avec notre modèle : nous vendons ‘zéro énergie’. Nous garantissons le fait que les maisons sont neutres en énergie. Nous commençons par réduire autant que possible la consommation d’énergie et, ensuite, nous rencontrons les besoins énergétiques restants de la façon la plus durable possible. Nous utilisons pour cela des concepts et des techniques qui ont fait leurs preuves dans des milliers d’habitations. Nous possédons les installations, que nous louons au propriétaire du bien.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

Grâce au financement de la Banque Triodos, nous avons été en mesure de démarrer ce projet de neutralité énergétique. Celui-ci nous permet de proposer des habitations économes en énergie à ceux qui se lancent sur le marché résidentiel.

Sur un plan plus personnel, nous sommes fiers que notre travail ait été reconnu au travers de l’attribution du Heart-Head Award de la Banque Triodos. Nous utiliserons l’argent du prix pour développer une application permettant de mesurer la consommation énergétique. En effet, nous croyons fermement que celui qui a une vision plus claire sur sa consommation énergétique est encouragé à réduire celle-ci davantage.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

Nous suscitons une prise de conscience en montrant qu’il est possible de construire des maisons neutres en énergie. Un nombre croissant de municipalités et de développeurs de projets croit en notre concept. Nous estimons qu’endéans les trois ans, toutes les nouvelles constructions seront neutres sur le plan énergétique.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

Notre tout premier impact porte sur l’environnement, et plus précisément sur la manière de contribuer à limiter les émissions de CO2. Plus globalement, notre impact consiste à faire prendre conscience aux gens qu’il est possible de construire des maisons neutres en énergie.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

La Banque Triodos et KlimaatGarant travaillent l’une et l’autre à la création d’une société plus durable. Toutes les deux, nous nous efforçons de contrer les effets désastreux du recours aux énergies fossiles – le changement climatique, entre autres – en encourageant l’utilisation des énergies renouvelables et en favorisant un usage efficace de l’énergie.

Immobilier durable – Exemple concret (photo)

Raphaël Nouwen, senior relationship manager PME de la Banque Triodos

Quel défi a été la source d’inspiration du projet Vuurtoreneiland ?

Vuurtoreneiland (l’île au phare) est une île artificielle, vieille de 300 ans, sur le lac Markermeer, proche d’Amsterdam. Un premier phare en pierres fut construit sur l’île en 1700. Le phare actuel, en fer forgé, date de 1893 et est le dernier phare d’Amsterdam. L’île abrite également une maison de gardien de phare et un fort abandonné, qui fait partie de l’ancien système de défense d’Amsterdam et est repris sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pour préserver la valeur historique naturelle de l’île, qui est absolument unique, le département des Forêts, propriétaire du site, a lancé un appel d’offres public européen en 2012 dans le but de le développer commercialement. Les revenus générés par les activités commerciales devaient permettre de financer la conservation et l’entretien du paysage et des bâtiments classés. Le département des Forêts souhaitait également rendre ce patrimoine accessible au grand public, afin que chacun puisse en profiter.

Deux jeunes entrepreneurs y ont vu un défi passionnant à relever et ont soumis un plan unique au département des Forêts. Celui-ci reposait au départ sur un projet-pilote visant à construire un bâtiment éphémère abritant un petit restaurant le temps d’un été. Les visiteurs étaient amenés par ferry sur l’île inhabitée et ils pouvaient y savourer des mets locaux bio dans un cadre enchanteur. Le succès fut retentissant si bien qu’ils poursuivent le projet, aujourd’hui entré dans sa quatrième année, avec le soutien du département des Forêts.

Avec quelle innovation se sont-ils attaqués au problème ?

Les initiateurs de ce projet ont réussi à en faire une expérience unique, mêlant préservation et contact avec la nature et les constructions particulières de l’île.

Les revenus générés par le restaurant permettent d’entretenir et de gérer l’environnement naturel, le fort et le phare. Des choix réfléchis et durables ont été faits au niveau de la production d’électricité. ‘Chauffer les personnes et non les lieux’ est un concept ancien consistant à chauffer les endroits où se trouvent les gens, plutôt que des espaces entiers. Ainsi, dans le restaurant, seul l’espace sous les tables est chauffé. Les chaises sont recouvertes de peaux de moutons et c’est du bois provenant de l’île qui alimente les foyers de la salle.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur le projet ?

La Banque Triodos a contribué à la préservation de cette île extraordinaire. En outre, son financement a permis que l’île soit ouverte au public, permettant ainsi aux visiteurs de se rencontrer et d’apprécier une nature sauvage, avec des animaux en liberté et une flore unique, tout cela à proximité immédiate de la ville.

Quel impact cette entreprise a-t-elle eu dans son secteur d’activité ?

Vuurtoreneiland est une source d’inspiration pour d’autres projets de ‘rezonage’ (ndlr, nouveau découpage d’un territoire en zones). La combinaison d’aspects différents, voire divergents, sur le plan du développement durable avec un service de restauration bio à petite échelle rend ce projet unique et fait de lui un exemple attractif pour le secteur.

Quel a été l’impact local du projet sur la collectivité ?

Les habitants d’Amsterdam et des alentours visitent l’île pour s’échapper de la routine quotidienne et s’immerger dans la nature. Outre le fait que le projet offre un emploi à quelques personnes du cru, il est également important que la valeur historique naturelle et culturelle de l’île soit préservée pour le futur malgré une exploitation commerciale.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle la vision de ces entrepreneurs ?

La Banque Triodos finance des projets durables qui mettent au centre les personnes, l’environnement et la société. Cette approche multidisciplinaire est partagée par les personnes qui ont développé l’île au phare. Après trois saisons réussies, l’exemple de Vuurtoreneiland a montré que des entrepreneurs peuvent mener des activités commerciales de façon durable dans un environnement fragile.

Culture

Arts et culture

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

En Espagne, plus de 2 millions de personnes ont un handicap visuel ou auditif. Comment peut-on réellement apprécier un film ou un programme télévisé si on ne peut le voir ou l’entendre ? Ce constat a été le point de départ de recherches technologiques menées à l’Université Carlos III de Madrid.

WhatsCine est une entreprise technologique créée en 2013. Elle est le fruit de ces recherches académiques, qui avaient pour but de donner à tout le monde la liberté d’apprécier le cinéma ou la télévision, indépendamment de son acuité visuelle ou auditive, et de promouvoir l’égalité des chances en matière d’accès à du contenu audiovisuel. De plus, l’appli WhatsCine permet d’utiliser des langues supplémentaires et versions originales, ce qui élargit la gamme d’options et met le contenu audiovisuel à la portée d’une audience plus étendue.

Le fait d’apprécier des moments de détente est bénéfique pour notre santé et notre bien-être, en plus d’enrichir nos vies sociale et familiale. WhatsCine met à profit la technologie pour garantir l’accessibilité du contenu audiovisuel.

De quelle manière innovante vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

WhatsCine offre la première technologie au monde, et la seule, capable de mettre du contenu culturel à la portée de personnes qui ont des déficiences auditives ou visuelles, d’une façon inclusive et sans perturber les autres spectateurs.

L’entreprise utilise des logiciels développés sur mesure et disponibles sous la forme d’une appli mobile (pour smartphones ou tablettes) qui intègre trois systèmes d’accès : audiodescription, sous-titres pour les sourds et malentendants et interprétation en langage des signes. L’utilisateur peut ainsi choisir le mode qui répond le mieux à ses besoins et apprécier un film en salle ou une émission télévisée en temps réel.

L’accessibilité visuelle est garantie au moyen de l’audiodescription, à travers des écouteurs dont l’utilisateur est le propriétaire. Cela permet une description audible qui détaille les scènes, les personnages, les textures, les couleurs et les circonstances pour les personnes aveugles ou malvoyantes, de façon à ce que les différents éléments s’incluent dans les dialogues et la narration sans interférer avec la bande-son originale.

Pour les sourds et malentendants, l’accessibilité auditive est permise au moyen de sous-titres et de l’interprétation en langage des signes. Les personnes qui ont des déficiences auditives peuvent choisir l’une de ces deux options, qui apparaissent sur l’écran du smartphone ou de la tablette de l’utilisateur. Elles sont conçues pour que les personnes à proximité ne soient pas dérangées.

L’appli WhatsCine, entièrement gratuite, est disponible à la fois sur iOS et Android.

Quel impact la Banque Triodos a-t-elle eu sur votre entreprise ?

WhatsCine a déjà adapté plus de 600 films en Espagne et plus de 1.000 épisodes de séries TV. Elle se prépare à conquérir de nouveaux marchés grâce à un bureau qui ouvrira bientôt à Miami.

Il est difficile d’estimer le nombre exact de personnes qui ont bénéficié de la technologie offerte par WhatsCine, bien que l’appli mobile ait été téléchargée plus de 50.000 fois, et affiche un score de satisfaction de 4,3 sur 5. « Elle nous offre l’indépendance et la standardisation que nous avons toujours recherchées », affirme un utilisateur. « Être capable d’apprécier un film au cinéma avec mon fils et ma famille n’a pas de prix », affirme une autre personne.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

WhatsCine a forgé des alliances dans le secteur privé, créant un cercle à 360° avec les distributeurs, les producteurs, les propriétaires de salles de cinéma et les chaînes de télévision qui offrent un contenu inclusif, accessible et varié à cette audience n’importe où et n’importe quand, ce qui était impensable pour les personnes avec des déficiences auditives ou visuelles il y a encore quatre ans. Tout ceci a été rendu possible grâce au travail acharné et aux efforts de WhatsCine.

Selon les promoteurs de WhatsCine, on s’attend à ce que, dans le futur, des accords soient signés avec les autorités publiques et les gouvernements qui légifèrent en matière de droits d’accessibilité et d’inclusion des personnes handicapées visuelles ou auditives.

Quel a été l’impact de votre entreprise sur la collectivité ?

WhatsCine promeut une croissance économique inclusive et durable, fournissant de l’emploi à des personnes ayant des capacités différentes et qui rencontrent généralement des difficultés à trouver du travail ou risquent d’être exclues. Grâce à WhatsCine, plus de 40 emplois ont été créés en Espagne, dans les différentes associations et entreprises qui produisent les outils. Encore plus d’emplois de qualité seront créés à l’avenir.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle la vision qui sous-tend votre projet ?

La Banque Triodos partage notre engagement envers l’intégration sociale des personnes avec un handicap, mais aussi la conviction que la culture et les loisirs de qualité devraient être accessibles à tout le monde. WhatsCine apporte une réponse à la fois sociale, via le soutien aux personnes handicapées, et culturelle, en promouvant un accès universel à du contenu audiovisuel, tant au cinéma qu’à la télévision, et en mettant ainsi du contenu audiovisuel à la portée de tous.

Quel défi ce projet devait-il relever ?

Le Centre Herman van Veen Arts à Soest, Pays-Bas, est implanté sur un ancien lotissement. Ce centre d’arts et de culture a été créé en 2012 à l’initiative d’un artiste et acteur néerlandais, Herman van Veen, et son guitariste de toujours, Edith Leerkens.

La culture et la nature se rencontrent et s’associent dans ce projet. Par exemple, le manoir classé contient des peintures de Herman van Veen, accueille des activités de plein air pour enfants et adultes dans un parc libre d’accès et une ancienne grange abrite un petit théâtre. La salle contient 80 places et offre une plate-forme à de jeunes artistes qui souhaitent associer les performances théâtrales, musicales et de danse.

En quoi l’approche du projet est-elle innovante ?

Aucun billet n’est proposé à la vente pour les représentations au Centre d’arts ; du moins, pas en prévente. Toute personne souhaitant assister à une représentation peut simplement se présenter. C’est ainsi que la population fait connaissance du domaine et découvre les autres activités proposées, telles que les représentations.

Ce concept innovant transforme le Centre d’arts en une expérience personnelle. Il ne se focalise pas sur le « consommateur théâtral » anonyme qui achète des billets en ligne, mais sur les personnes qui sont ouvertes aux surprises et aux rencontres. Les personnes qui souhaitent soutenir le Centre d’arts peuvent devenir « amis » et être informées plus longtemps.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur ce projet ?

La relation entre la Banque Triodos et le Centre d’arts date de plusieurs années déjà. Dès le début de l’exploitation du Centre, la Banque a mené des discussions sur le financement et l’exploitation du domaine. Et, en 2016, la Banque a octroyé un crédit hypothécaire permettant d’acquérir l’ancien manoir qui est un monument national.

Dans ce cadre, la Banque Triodos et le Triodos Cultural Fund – qui ont chacun assumé la moitié du financement – ont uni leurs forces avec le Fonds national néerlandais de restauration (Nationaal Restauratiefonds). Le Fonds est en charge du financement de la restauration de l’immeuble, qui abrite des représentations, des bureaux et des espaces de travail. Au terme de la restauration en 2017, il accueillera également des réceptions, des dîners et des réunions professionnelles.

Quel est l’impact du projet sur le secteur ?

Le Centre d’arts offre une occasion aux jeunes artistes talentueux et contribue dès lors au développement du secteur culturel. Il se concentre spécifiquement sur des artistes qui associent différents genres et correspondant à la polyvalence de Herman van Veen même.

Le Centre apporte également la preuve de la valeur ajoutée induite par l’organisation d’évènements culturels dans un lieu baigné par la nature. Les activités intérieures et extérieures sont combinées. La quiétude de la nature inspire les représentations et d’autres activités organisées à l’intérieur. De plus, les représentations théâtrales sont également données partiellement à l’extérieur.

Quel est l’impact du projet sur la société ?

Le centre d’arts Herman van Veen est inspirant, et ce, de différentes manières. C’est un lieu magnifique accueillant des évènements passionnants. Il se focalise spécifiquement sur les enfants. Par exemple, des chasses au trésor sont organisées dans les bois du domaine. Il abrite également la petite maison d’Alfred J. Kwak : le petit canard dont la renommée mondiale est partiellement due à une série télévisée de 52 feuilletons.

Cette attention accordée aux enfants est délibérée. Herman van Veen est passé maître dans les droits des enfants et dirige la Fondation Lot, qui défend les droits des enfants dans le monde entier.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision dans le cadre de ce projet ?

La Banque Triodos contribue à une société de qualité de vie. Le Centre d’arts Herman van Veen fait de même de nombreuses manières ; via les activités culturelles qu’il programme, mais également via la contribution du centre à la conservation et au développement des richesses naturelles.

Le Centre insuffle également une nouvelle jeunesse à l’ancien manoir du domaine. Le Centre, la Banque et le Nationaal Restauratiefonds veillent ensemble à la préservation de ce monument national possédant une valeur culturelle et historique importante.

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Une partie importante du bâtiment abritant le cinéma était utilisée pour un entreposage, des bureaux et plusieurs ateliers d’éclairage, mais générait un revenu (presque) nul pour l’organisme caritatif. Nous devions trouver une utilisation alternative pour cet espace difficile, qui assurerait non seulement l’avenir à long terme de Curzon, mais qui permettrait également de faire revivre le centre-ville plutôt déserté de Clevedon en proposant une expérience communautaire plus enivrante que le seul écran de cinéma.

Quelle innovation vous a permis de résoudre ce problème ?

L’occasion s’est présentée de proposer une offre importante de restauration au sein du Curzon via un réaménagement important, et ce, avec un fournisseur dont la notoriété n’était plus à faire. Cela a généré une situation stratégique permettant un marketing commun de loisirs et de sorties nocturnes d’une toute nouvelle manière, en proposant une sortie offrant la possibilité d’associer la projection de grands films et l’organisation d’évènements artistiques avec une restauration de qualité dans un endroit unique (« Teatro Lounge »). La ville peut désormais promouvoir un lieu proposant à sa communauté non seulement un cinéma et un bar, mais également des espaces communs permettant aux personnes de tous âges de se rencontrer, de discuter, de tenir des ateliers, d’organiser des expositions, des évènements musicaux et des discussions.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

Grâce à l’appui de la Banque Triodos, nous envisageons l’avenir avec confiance. Depuis l’ouverture du Teatro Lounge, nous avons retrouvé la liberté d’innover et de développer des idées programmatiques et nous ne sommes plus contraints d’augmenter les prix des billets, ce qui est très apprécié par la communauté.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activités ?

À notre époque, nous avons la chance de pouvoir survivre avec un seul cinéma indépendant. De nombreux autres vieux cinémas ont été rachetés par des sociétés plus grandes et ne jouissent pas de la liberté de programmer les films ou les évènements communautaires qu’ils souhaitent. Le Curzon demeure un exemple rare de cinéma proposant toujours la seule possibilité de loisirs à la population de la ville, comme tel était le cas dans les années 1920.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

Le Curzon est aimé et la population de Clevedon est fière de son héritage unique. Elle est ravie de constater que le cinéma se porte bien. Les habitants nous interpellent en rue afin de nous féliciter pour l’amélioration du cinéma et les critiques sont excellentes.

Outre la programmation cinématographique habituelle, nous proposons des services d’animation dans les maisons de retraite ; nous collaborons avec le lycée local afin d’organiser une compétition cinématographique annuelle réservée aux jeunes de moins de 18 ans du North Somerset ; nous proposons des visites guidées du cinéma ; nous organisons des projections de films muets, la Christie Organ Experience, des ateliers d’encodage informatique et d’animation et d’artisanat pour les enfants.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

Nous estimons que la Banque Triodos comprend réellement la valeur de la culture pour une communauté. Bien que cette valeur soit immatérielle, elle nous est démontrée chaque fois qu’un client remercie notre personnel et les bénévoles pour l’agréable soirée qu’il a passée.

Éducation

L‘école fondamentale néerlandophone Vier Winden est une école de quartier située à Molenbeek, en Région bruxelloise. Elle accueille des enfants qui viennent des quatre coins du monde (d’où son nom se référant, en néerlandais, aux quatre points cardinaux) : l‘école encourage cette multiculturalité dans laquelle elle puise sa richesse.

Une équipe d‘enseignant(e)s et de direction jeune et énergique s’engage pour quelque 200 enfants de maternelle et de primaire, avec l‘objectif de leur offrir un enseignement de qualité, adapté à la personnalité de chacun.

Les portes de l‘école sont toujours ouvertes pour les parents et les habitants du quartier, et les fenêtres de l‘établissement offrent un large panorama. Car l‘école fonde son travail sur le dialogue : avec les élèves, les parents, le quartier et ses propres enseignant(e)s.

La Banque Triodos a financé la rénovation de l’école, incluant une partie nouvelle construction.

Interview de Karlien Tiebout, directrice pédagogique.

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Notre école est située dans le Vieux Molenbeek, une commune bruxelloise qui a historiquement enregistré un grand afflux migratoire. Les enfants vivent souvent dans une situation défavorisée et grandissent donc dans un environnement compliqué. Ces dernières années, les médias n’ont pas donné une image très positive de ce quartier. Aujourd’hui, toutefois, des familles plus aisées s’installent également à Molenbeek et nous tentons de faire entrer cette diversité au sein de l’école.

Notre société nous impose d’être capables de gérer la diversité dans le but d’y puiser une certaine richesse. Si nos enfants apprennent à se nourrir de cette diversité, ils en tireront à coup sûr un formidable avantage pour le reste de leur vie.

De quelle manière innovante vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

Nous impliquons explicitement les parents et les habitants du quartier dans le fonctionnement de l’école, ce qui constitue l’un de nos points forts.

Les portes de l’école sont, dans la pratique, toujours ouvertes pour nos parents d’élèves, car eux et nous avons un objectif commun : faire en sorte que les enfants grandissent harmonieusement et veiller à ce qu’ils aient un maximum d’opportunités. Entretenir le dialogue à ce sujet est donc très important et comporte aussi de multiples facettes car nous n’avons chacun qu’une vision partielle des choses. Si l’école et les parents partagent leur vécu respectif, il est plus facile d’assembler les pièces du puzzle : cela se fait lors de portes ouvertes, de cours de cuisine ou par le biais d’une petite formation musicale… C’est ainsi que nous tissons des liens entre les enfants, les parents et l’école et que nous améliorons l’accessibilité : il devient alors beaucoup plus facile de demander de l’aide ou de faire état d’un problème.

Quel impact votre entreprise ou organisation a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

La diversité au sein de notre école et la collaboration très ouverte avec les parents et les habitants du quartier sont rafraîchissantes et offrent de belles perspectives. Notre quartier regorge de talent et dégage un esprit positif, il est agréable de montrer aussi cette autre facette des choses. L’école crée du lien ici, à Molenbeek, et c’est précisément ce dont notre société a besoin. Nous souhaitons transmettre cette inspiration.

Quel a été l’impact de votre entreprise ou organisation sur la collectivité ?

Notre école est en connexion avec le quartier. Dans la nouvelle construction, par exemple, nous avons construit un gymnase. Dans ce cadre, nous avons noué une collaboration avec un chouette partenaire : Circus Zonder Handen, une école de cirque néerlandophone dont le travail repose sur une approche sociale et inclusive. Elle utilise notre salle de gym après les heures d’école et pendant les vacances. Ce qui permet, une nouvelle fois, d’accroître l’accessibilité pour nos enfants.

Quel impact la Banque Triodos a-t-elle eu sur votre entreprise ou organisation ?

La Banque Triodos a financé les travaux de transformation. Dans le nouveau bâtiment, nous insistons avec force sur la dimension d’école ouverte : une école qui se montre aux habitants du quartier. Cela a certainement convaincu un certain nombre de personnes de choisir notre établissement, avec un impact positif sur la diversité en son sein. En outre, le fait de disposer de jolies classes représente une énorme valeur ajoutée tant pour les enseignant(e)s que pour les élèves.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle la vision qui sous-tend votre projet ?

Collaborer avec la Banque Triodos correspond à la philosophie de l’école. La nouvelle construction est quasi neutre en énergie (norme BEN) et nous continuons à rechercher de nouvelles façons d’encore améliorer notre prestation énergétique.

Notre objectif principal en tant qu’école est de créer autant d’opportunités que possible pour l’ensemble des enfants scolarisés dans cet établissement, de comprendre ce dont chaque enfant a besoin et de trouver ainsi la meilleure réponse possible pour qu’il puisse être fort dans la vie. Le droit de chacun à s’épanouir : c’est aussi un des principes de base de la Banque Triodos.

La confiance que l’ensemble de notre équipe place dans les enfants scolarisés chez nous est très grande. Ils ont énormément de talent et cela nous motive quotidiennement à aller de l’avant avec conviction.

Quel défi a été la source d’inspiration de ce projet ?

Le principal objectif de la Fondation Alanus est de promouvoir l’art, la culture, les sciences et la recherche. Pour ce faire, elle octroie un appui économique et plus large à l’Université Alanus des Arts et des Sciences sociales.

L’Université Alanus est une université des Arts reconnue par l’État et autofinancée. Elle se situe à Alfter, près de Bonn. Elle propose des programmes d’études dans des domaines tels que l’architecture, les beaux-arts, les arts dramatiques, l’eurythmie, la thérapie artistique, l’enseignement, la philosophie et la gestion commerciale.

En 2009, l’Université a inauguré un second site, dénommé « Campus II », dans la Villestrasse, Alfter, Allemagne. Le site accueille les étudiants en architecture, en sciences de l’éducation, en thérapie artistique ainsi que les départements économiques. Depuis sa reconnaissance par l’État en 2002, l’Université a multiplié par huit le nombre d’étudiants qui s’élève désormais à 1500. De nouveaux locaux ont été construits afin de répondre à cette croissance de la demande.

De petits groupes d’étude et la prise en compte du développement personnel de chaque individu sont des éléments importants de l’approche préconisée par l’Université. L’Université a pour objectif de proposer un environnement qui facilite la tâche de chaque étudiant et qui lui offre l’espace nécessaire afin de progresser dans son évolution scientifique et artistique. Les nouveaux locaux répondent particulièrement à ces exigences.

Quelle innovation vous a permis de résoudre ce problème ?

La Fondation Alanus envisage d’utiliser le terrain acquis à la Software AG Foundation afin d’exécuter une seconde phase de construction et d’affecter l’espace disponible à la création d’ateliers supplémentaires.

À ce jour, le Campus II compte trois ateliers destinés aux étudiants en thérapie artistique, architecture et éducation artistique, sous les auspices du département des sciences de l’éducation. Vu le nombre croissant d’étudiants dans les nouveaux programmes d’études et le lancement de nouveaux programmes artistiques, les ateliers sont des lieux de travail parfaits permettant d’étudier en petits groupes, dans une atmosphère individualisée.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur l’entreprise ?

La Banque Triodos, qui nous a soutenus financièrement dans l’acquisition du site, est le partenaire idéal pour cette nouvelle étape dans le cadre de notre développement. Notre objectif, qui est de promouvoir le changement dans la société, est le moteur des deux institutions.

De plus, nous avons déjà accumulé des expériences fructueuses avec la Banque Triodos, considérée en sa qualité de partenaire spécialisé de l’Université. Les étudiants tentant de décrocher un baccalauréat en gestion commerciale peuvent exécuter le stage pratique de leurs études – un total de 60 semaines – au siège allemand de la Banque Triodos à Francfort.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activités ?

L’acquisition du terrain signifie que la Fondation Alanus se fonde sur la stratégie privilégiée pour le Campus I, qui accueillera son prochain centre d’enseignement ainsi que ses départements artistiques. Une stratégie consistant à posséder le terrain là où l’enseignement universitaire et la formation et le développement professionnels sont dispensés sous le label « Alanus », qui est reconnu dans toute la région et au-delà.

Cet espace nous permettra également d’attirer des étudiants recherchant une alternative dans le secteur universitaire et des cours centrés sur le développement personnel et dispensés à de petits groupes.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

Un aspect essentiel du concept de l’Université Alanus réside dans la fusion de l’art et des sciences. Aux yeux de l’Université, ce regroupement offre une opportunité de dialogue et d’inspiration mutuelle. Regarder au-delà de l’horizon des domaines d’études personnels des étudiants est une composante essentielle de l’approche pédagogique de l’Université.

Grâce à son programme Studium Generale, à savoir un programme d’étude complémentaire en sciences culturelles ouvert à tous les étudiants, l’Université renoue avec la tradition de l’enseignement holistique s’étendant au-delà des études de spécialisation pures. Des séminaires et des conférences sur la philosophie et l’histoire culturelle encouragent les étudiants à privilégier une réflexion personnelle et critique, à élargir leurs horizons et à leur donner la possibilité de se forger leurs propres opinions sur la culture et la société.

L’Université a pour objectif d’encourager les jeunes à prendre le contrôle de leur propre développement et celui de la société et de s’investir personnellement.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision dans le cadre de ce projet ?

À l’instar de l’Université Alanus, la Banque Triodos souhaite contribuer à un changement positif de la société. En sa qualité d’établissement scolaire, l’Université Alanus tend vers cet objectif en donnant aux jeunes la possibilité de développer leur personnalité et l’occasion de voir au-delà des limites de leur programme personnel d’études spécialisées.

Elle propose une formation à ceux qui souhaitent modeler activement la société au cours de leurs futures carrières en contribuant au changement sociétal que nous souhaitons voir. Grâce au financement et à l’appui de la Banque Triodos, nous pouvons concrétiser nos idéaux éducatifs.

Éducation – Exemple concret (photo)

José Canales, directeur d’Escuela Ideo

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

L’école Ideo répond à la volonté de construire un avenir meilleur. Des professionnels de l’éducation – à la fois des enseignants et du personnel de l’administration et du secteur des services –, accompagnés par un certain nombre de familles, ont compris que pour atteindre un objectif aussi ambitieux, il fallait commencer par changer le monde de l’éducation.

« Nous recherchons une éducation qui forme les gens à être heureux, en bonne santé, conscients des enjeux du monde et qui supporte la société contemporaine dans son ensemble », déclarent les fondateurs du projet.

Avec quelle innovation vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

L’école Ideo est un centre laïc, multilingue, mixte et qui prône l’intégration. Sa philosophie repose sur le fait que les élèves et leurs familles jouent le rôle principal dans le processus d’apprentissage. À cet effet, la méthodologie de projet est basée sur l’expérience, le toucher, le fait de sentir les choses… autrement dit, sur le concept « apprendre en faisant ». Parallèlement au contenu de l’apprentissage, l’école veille à ce que les élèves apprennent à bien s’entendre, à collaborer et à partager des expériences.

Puisqu’il s’agit d’un centre éducatif, la Banque Triodos a placé ce projet dans la catégorie du secteur culturel. Mais l’école Ideo comprend également d’importants aspects environnementaux et sociaux, abordés de façon très innovante. La durabilité est au cœur du projet, allant de la consommation d’électricité verte à l’aménagement d’un jardin écologique ; elle est intégrée dans l’activité quotidienne de l’école et implique la participation d’élèves de tous âges.

L’école Ideo prête également une attention particulière à l’éducation aux valeurs, sous la bannière de l’égalité et de l’intégration. Il s’agit d’un projet axé sur l’inclusion et la diversité. Il implique des experts en co-éducation, l’intégration d’enfants handicapés et des spécialistes en difficultés d’apprentissage. Il transcende les murs de l’école. Le centre se considère comme un espace ouvert sur l’environnement local de Madrid où il est situé. Il inclut les habitants et les familles des environs dans ses activités.

Parmi les exemples de son travail innovant, citons le développement d’une éducation personnalisée et basée sur les émotions, des cours en espagnol, anglais, français et chinois, l’usage responsable et libre des TIC à travers des plateformes ouvertes ou la promotion de la mobilité douce vers l’école, à pied ou à vélo.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

Dès les premiers contacts de la Banque Triodos avec les fondateurs de l’école Ideo, nous avons ressenti une totale compréhension et convergence des valeurs. Après une analyse qualitative et économique du projet, la Banque Triodos a financé la location du bâtiment scolaire dans le quartier de Las Tablas à Madrid. L’école est installée ici sur une base temporaire en attendant que la construction d’une nouvelle école soit terminée.

Outre son apport de services financiers, la Banque Triodos reconnaît la nature innovante de cette initiative et son impact positif sur la société et dans le domaine de l’éducation. C’est pourquoi en 2015, l’école Ideo a été sélectionnée comme l’un des six projets finalistes des 2e Triodos Business Awards. Ce prix, d’une valeur de 10.000 euros, vise à souligner la contribution d’entreprises et projets financés par la banque au moyen de l’argent qui lui est confié par les épargnants. Pour la seconde année consécutive, le projet lauréat a été élu par un grand nombre de clients et partenaires.

De plus, le jardin écologique de l’école Ideo a été le centre de campagnes de crowdfunding lancées par la Triodos Foundation, à travers sa plateforme de micro-dons www.huertoseducativos.org. Grâce aux contributions d’une centaine de donateurs, l’école Ideo a récolté 3.000 euros pour améliorer l’équipement de son jardin scolaire conçu comme une ressource sur le plan éducatif et un moyen innovant de partager les connaissances et les valeurs.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

En dépit de sa courte histoire – le centre a ouvert ses portes en 2013 –, l’école Ideo est progressivement devenue un modèle d’éducation innovante à Madrid et est fortement active à la fois dans les secteurs de l’éducation et du développement durable.

L’école participe, par exemple, au projet European Stars (accréditation et reconnaissance de moyens de mobilité durable pour les écoles), inclus dans le programme Intelligent Energy Europe, qui vise à promouvoir un déplacement actif vers le travail, à vélo ou par tout autre mode de transport durable.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

L’école Ideo accueille des élèves de 2 à 18 ans. Soit du premier niveau d’éducation préscolaire jusqu’au ‘bachillerato’ (niveau préuniversitaire) dans l’enseignement secondaire, à travers des cours généraux, scientifiques et artistiques, ainsi que le sport et des formations pratiques axées sur les soins de santé. Au cours de l’année scolaire 2015-16, 437 élèves étaient inscrits : 102 au niveau préscolaire, 187 au niveau primaire et 148 en secondaire.

Les familles sont avec nous, nous avançons ensemble. Les parents participent très activement au programme de cours des enfants. La structure en coopérative de l’école, avec plus de 130 familles membres, contribue à cette participation.

La coopérative offre aux familles qui choisissent l’école Ideo l’opportunité de construire ce projet directement et efficacement, en créant de nouveaux canaux de participation et de communication. Différentes activités d’apprentissage et culturelles sont organisées à travers la coopérative, de même que des formations à la pédagogie, telles que la Family School où enseignants, élèves et parents participent à des sessions communes.

L’école Ideo a un impact qui va bien au-delà de la communauté éducative et des familles concernées, car de nombreuses activités sont ouvertes aux résidents du quartier. L’école collabore aussi étroitement avec d’autres initiatives locales, nationales et même internationales, telles que le collectif Basurama, spécialisé dans le recyclage de l’eau.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

« Quand nous sommes allés à la Banque Triodos, ils nous ont accueillis à bras ouverts… Nous avons rencontré des gens qui nous ont beaucoup impressionnés et je pense que notre projet les a aussi impressionnés, car nous avions beaucoup de choses en commun. »

La Banque Triodos partage notre opinion que l’éducation que nous offrons aujourd’hui aux enfants et aux jeunes est fondamentale pour le développement d’une société plus saine et équilibrée à l’avenir. C’est pourquoi la banque soutient des projets comme l’école Ideo, qui, en plus de défendre un enseignement de haute qualité adapté aux exigences actuelles, transmet des valeurs d’humanité et de respect de l’environnement.

La banque finance des centres d’éducation et des écoles qui donnent la priorité à des valeurs de tolérance, de dignité humaine, de liberté de pensée, et qui renforcent ainsi la créativité et le développement personnel.

Social

Projets communautaires et logements sociaux

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Notre immeuble à appartements compte 30 locataires dans le quartier berlinois de Friedrichshain. La ‘gentrification’ a provoqué une scission au sein de notre immeuble entre, d’une part, les locataires plus anciens vivant dans des appartements non rénovés et, d’autre part, les nouveaux locataires installés dans des logements fraîchement modernisés. Bien que vivant côte à côte, nous avions peu de contacts mutuels, car nos vies étaient trop différentes.

Un jour, nous avons découvert que notre immeuble était sur le point d’être vendu et converti en bien d’investissement. La peur de tous perdre notre logement a généré un sentiment de solidarité entre nous. Dans notre quartier, les appartements sont de moins en moins considérés comme des logements, mais deviennent des produits d’investissement, si bien que les locataires qui ne peuvent suivre l’escalade des prix de leurs lieux de vie sont simplement perçus comme des obstacles. Il en résulte des résiliations de baux pour des immeubles à appartements entiers. Ceux-ci sont transformés en appartements luxueux et loués à de nouveaux occupants. Les personnes à bas revenus sont refoulées. Et les retraités les plus pauvres sont contraints de disputer aux artistes indépendants, aux assistés sociaux et aux parents célibataires les rares logements dont ils sont encore en mesure de payer les loyers.

Nous ne voulions pas être amenés à nous dresser les uns contre les autres et avons donc décidé de franchir le pas vers l’autogestion. Nous avons réussi à convaincre notre propriétaire de ne pas vendre l’immeuble à un investisseur. Au lieu de cela, avec l’aide de la Fondation Edith Maryon et de la Banque Triodos, nous l’avons acquis nous-mêmes.

Aujourd’hui, nous vivons de manière autonome dans notre immeuble, dans le cadre du Mietshäuser Syndikat, un réseau d’habitats autogérés. Nous sommes propriétaires du bien et utilisons le sol sur la base de droits de superficie transmissibles à nos héritiers. Nous remboursons progressivement le crédit octroyé par la Banque Triodos grâce aux revenus locatifs que nous versons.

De quelle manière innovante vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

Nous avons trouvé un modèle permettant à l’ensemble des locataires actuels de continuer à vivre dans leur appartement, tout en ayant leur mot à dire dans les procédures et changements susceptibles d’affecter l’immeuble dans le futur. L’un d’eux est la priorité donnée aux candidats locataires à faibles revenus - un groupe actuellement désavantagé sur le marché locatif berlinois – lorsqu’un logement devient vacant.

Nous considérons ce projet comme une riposte efficace à la spéculation sur le marché résidentiel. Nos craintes à propos de nos logements et un voisinage anonyme se sont mués en une communauté au sein de laquelle les gens ont commencé à se parler.

Les personnes sans moyens financiers importants ont désormais leur mot à dire sur la manière dont ils veulent vivre et l’endroit où ils vivent. Nous continuons d’occuper un immeuble à appartements, mais ce sont les locataires qui le gèrent. Nous sommes à la fois locataires et propriétaires. Nous sommes intéressés par un concept de financement stable et rejetons l’idée selon laquelle des logements pourraient être utilisés en vue de maximiser les profits. Nous considérons, au contraire, que l’espace doit avoir une finalité aussi utile que possible et offrir une grande qualité de vie à tous ceux qui l’occupent.

Quel impact la Banque Triodos a-t-elle eu sur votre projet ?

Lorsque vous vous lancez dans un projet tel que celui-ci, vous commencez par faire le tour des banques à la recherche d’un crédit. Nous avons souvent dû affronter les regards médusés d’employés de banque qui n’étaient pas du tout disposés à nous prêter de l’argent !

D’ordinaire, il est relativement facile pour des investisseurs d’obtenir des crédits en raison du capital dont ils disposent et des différents types de garanties qu’ils peuvent fournir. Le contexte est très différent lorsqu’il s’agit d’un groupe disparate de locataires ayant de faibles revenus.

Nous sommes donc très heureux que la succursale allemande de la Banque Triodos ait examiné notre plan financier avec objectivité, l’ait développé avec nous et nous ait finalement accordé un crédit. Celui-ci nous a permis d’acquérir l’immeuble via notre association, en collaboration avec le Mietshäuser Syndikat et la Fondation Edith Maryon, et de le confier en autogestion à ses locataires.

Détenir subitement les millions d’euros nécessaires à l’acquisition du bien avait quelque chose d’irréel pour nous. Aucun d’entre nous n’avait déjà vécu une telle expérience dans sa vie ou ne s’attendait à la vivre un jour. Le soutien de la Banque Triodos et son analyse critique du point de vue financier nous ont grandement aidés.

Quel impact votre projet a-t-il eu sur votre secteur d’activité ?

Nous conseillons désormais bon nombre de communautés de locataires à Berlin sur la manière d’acquérir leur immeuble et de faire en sorte que leurs logements demeurent abordables, en coopération avec le Mietshäuser Syndikat ou d’autres structures, telles que des associations.

De cette manière, nous transmettons nos connaissances et notre expérience concernant le processus d’achat et la manière de s’organiser en tant que locataires. Nous espérons que notre initiative puisse être une sorte de modèle pour d’autres personnes et que davantage de locataires se lancent dans l’autogestion et luttent pour leurs droits au logement.

Quel rôle social remplit votre projet ?

Les logements ne devraient pas être de simples marchandises, tous les locataires de notre immeuble s’accordent là-dessus. Cela peut paraître banal, mais cela signifie simplement que l’accès à un logement financièrement abordable est un droit social fondamental, au même titre que la santé ou l’éducation.

Si le pouvoir politique pouvait être renforcé au travers de projets tels que notre immeuble à appartements autogéré, l’exploitation du marché immobilier pourrait éventuellement être soumise à certaines restrictions. La pression publique exercée ‘depuis la base’, autrement dit par des locataires qui appliquent une logique différente et ont une vision sociale différente de la manière dont ils veulent vivre et coexister en milieu urbain, a un impact positif profond.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle la vision qui sous-tend votre projet ?

Nous nous sommes sentis soutenus et avons été bien informés par la Banque Triodos, qui s’est engagée sincèrement en faveur de notre audacieux projet. Ce serait sensationnel de voir la Banque Triodos soutenir plus de projets solidaires de ce type afin de déprivatiser le secteur immobilier et retirer certains immeubles du marché spéculatif, tout en garantissant le droit au logement pour tous. Le Mietshäuser Syndikate et la Fondation Edith Maryon seraient des partenaires idéaux pour la banque si elle décidait d’agir de la sorte.

Quel défi ce projet devait-il relever ?

En bref, la mission de l’entrepreneur Cécile Scheele, initiatrice du projet Goodbrandz, consiste à améliorer la visibilité et la disponibilité de la mode durable pour un large public. Goodbrandz a été fondé en 2011 pour acheter et distribuer des articles de mode produits dans le respect de l’environnement et dans de bonnes conditions de travail.

L’entreprise a délibérément choisi de ne pas vendre des produits dans ses propres magasins. Les pantalons, vestes, blouses et sacs durables sont au contraire disponibles dans quelque 400 magasins de mode existants sur l’ensemble du territoire des Pays-Bas, ce qui permet à Goodbrandz de toucher un large public.

En quoi l’approche du projet est-elle innovante ?

Goodbrandz démontre que la mode durable est une alternative acceptable et accessible aux vêtements « habituels ». Les prix des marques associées sont comparables à ceux d’autres marques de mode. Si vous achetez une paire de jeans normale, vous payez non seulement pour les coûts de production, mais également pour la marque. Ce dernier coût est nettement inférieur avec les marques Goodbrandz. Les vêtements sont donc vendus à des prix concurrentiels tout en étant produits suivant des méthodes durables.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur ce projet ?

Vous devez investir pour générer de l’argent : le monde de la mode n’échappe pas à cette règle. En sa qualité d’acheteur et de distributeur de vêtements, Goodbrandz achète des articles de mode à des producteurs soucieux de l’environnement. La collection doit ensuite être constituée. Et des stocks doivent être temporairement constitués afin de garantir un approvisionnement continu de vêtements aux magasins. Tout cela coûte de l’argent. Goodbrandz est uniquement rétribuée quand le commerçant paie les marchandises. La Banque Triodos fournit le capital nécessaire à l’entreprise afin de pouvoir couvrir la période entre l’achat aux usines et la vente aux magasins.

Quel est l’impact du projet sur le secteur ?

Goodbrandz organise annuellement la Semaine néerlandaise de la mode durable. En 2017, elle se tiendra du 6 au 15 décembre. Les créateurs de mode durable ont alors l’occasion de présenter leurs dernières créations. Les diverses activités et divers défilés de mode organisés au cours de cette semaine encouragent le secteur de la mode à adhérer à ce changement positif.

L’entreprise souhaite convaincre le public qu’il existe une véritable alternative à la mode coutumière. Là est la clé. Les recherches menées par Goodbrandz démontrent que 68% des Néerlandaises souhaiteraient opter pour une mode durable, mais que seules 11% savent où se procurer ces articles.

Quel est l’impact du projet sur la société ?

L’industrie de la mode est polluante ; par exemple, le secteur utilise de nombreux produits chimiques. De plus, la production d’un matériau brut vital, tel que le coton, nécessite de grandes quantités d’eau. Les conditions de travail dans les ateliers et les usines de confection dans des pays tels que l’Inde et le Bangladesh sont souvent très précaires. Des cas d’exploitation, de travail des enfants et de temps de travail quotidien de 16 heures sont souvent rapportés. Le salaire est souvent bas et aucune sécurité de l’emploi n’est garantie.

L’impact négatif sur l’environnement et la population met en exergue l’importance d’une mode durable produite dans des conditions honnêtes et équitables.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision dans le cadre de ce projet ?

En termes de durabilité, le secteur de la mode est loin derrière ceux de l’agriculture et de l’alimentation, par exemple. L’offre de produits alimentaires biologiques et équitables a augmenté de façon exponentielle au cours des dernières années. On ne peut tenir le même discours pour les vêtements durables.

La Banque Triodos estime qu’il est essentiel de collaborer avec une entreprise innovante telle que Goodbrandz, qui a pour objectif d’améliorer la visibilité des vêtements durables. Goodbrandz est un précurseur dans le secteur de la mode et une inspiration pour un changement positif.

Quel défi a été la source d’inspiration de ce projet ?

La Fundació Deixalles s’est inspirée de son souhait de contribuer à une société plus équitable, plus durable, en aidant les populations en situation d’exclusion sociale, ou risquant de l’être, à entrer sur le marché du travail dans les îles Baléares. Les innovateurs à l’origine de la fondation ont estimé qu’ils pouvaient atteindre leur objectif tout en améliorant le traitement et la gestion des déchets dans les îles.

L’histoire de la fondation remonte à 1986 dans un ancien entrepôt laitier situé en périphérie de Palma de Majorque. Elle a été constituée à l’initiative de la délégation Action sociale du Diocèse de Majorque et de la fédération des petites et moyennes entreprises de Majorque (PIMEM). Elle a commencé ses activités en 1990 dans un entrepôt totalement réaménagé. Les premiers résultats positifs de la collecte et du traitement des déchets et, surtout, de l’inclusion sociale et de l’intégration des personnes en difficultés sur le marché du travail ont été immédiatement constatés. Depuis, des filières professionnelles plus spécifiques ont été définies. Elles se focalisent sur la formation en charpenterie et en électricité afin qu’un plus grand volume de déchets puisse être recyclé. Des activités éducatives sur des aspects environnementaux et sociaux ont également été développées dans les écoles, pour les enseignants, dans des groupes d’action sociale et pour les autorités.

L’entreprise a grandi peu à peu. Aujourd’hui, elle propose de nouvelles activités telles que la collaboration sur des projets européens, des sociétés d’insertion, l’économie solidaire, des instruments financiers alternatifs et des services bancaires éthiques. À ce jour, la Fundació Deixalles est l’organisme leader dans le secteur de l’aide apportée aux groupes défavorisés dans les Baléares, via l’inclusion sur le marché du travail, la coopération, le recyclage, la consommation responsable et la formation.

Quelle innovation vous a permis de résoudre ce problème ?

La principale innovation de la Fundació Deixalles réside dans la formation et les programmes d’insertion sociale et au travail qu’elle a développés et qui permettent de traiter plus de 2.000 tonnes de déchets sur une base annuelle. Ces programmes permettent d’éviter l’émission de plus de 5.200 tonnes de dioxyde de carbone tout en générant des emplois et des perspectives d’avenir pour des centaines de personnes.

L’innovation prend plusieurs formes allant des ateliers de personnalisation de vêtements à la restauration de meubles et à la réparation d’appareils électriques. Elle inclut même la méthodologie suivie dans ces processus. Francesca Martí, directrice de la Fundació Deixalles, déclare : « L’objectif poursuivi par la collecte de déchets et le processus de traitement est d’améliorer, de récupérer et de renforcer les compétences sociales nécessaires à chaque utilisateur afin d’être intégré dans une société plus large. » Elle poursuit : « Nous privilégions une méthodologie active et participative favorisant l’implication quotidienne de toutes les personnes et organisations avec lesquelles nous collaborons dans le cadre d’un réseau : les centres de services sociaux, les relations avec d’autres institutions (tels que les centres de désintoxication), le département social de la Fundació Deixalles via son équipe technique, et l’utilisateur – la personne qui est, in fine, responsable de son propre processus d’inclusion sur le marché du travail. »

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

En raison de sa grande dépendance aux autorités publiques, à l’instar de la grande majorité des organismes engagés dans les problèmes sociaux, et du délai de perception des aides qu’elles accordent, la Fundació Deixalles avait un besoin urgent de liquidités afin de couvrir ses besoins quotidiens. Aujourd’hui, 19% des revenus de la fondation proviennent de subventions.

Dès lors, la fondation s’est adressée à la Banque Triodos peu de temps après l’inauguration de sa succursale à Palma de Majorque et a demandé une avance sur les subventions et engagements qui lui étaient dus. Depuis lors, la relation entre la Fundació Deixalles et la Banque Triodos n’a cessé de se renforcer grâce aux valeurs qu’elles partagent et à une compréhension mutuelle.

La Banque Triodos fournit des services et produits bancaires, mais reconnaît également la nature innovante de cette initiative et la valeur de son impact social et environnemental. Dès lors, la Fundació Deixalles a été retenue parmi les six finalistes du 3e Triodos Business Award organisé par la succursale espagnole de la Banque Triodos en 2016. Cette récompense prisée remise à une entreprise, client ou non de la Banque, s’accompagne d’un prix de 10.000 euros. Elle met en exergue la contribution des entreprises et des projets que la banque finance avec les montants que les épargnants lui confient. Au mois de janvier 2015, la banque a organisé une visite de la Fundació Deixalles pour les clients de l’île de Majorque. Ils ont donc pu constater de leurs propres yeux l’impact positif de leur épargne.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

Trente années d’expérience et des résultats positifs démontrent que la Fundació Deixalles est le leader dans le secteur social et environnemental dans les îles Baléares.

Aujourd’hui, la fondation gère toute la collecte de déchets triés aux fins du recyclage sur l’île de Majorque et dans certaines régions d’Ibiza. Ses travaux ont été récompensés par de nombreux prix, tels que le Prix de la Solidarité ONCE Illes Balears 2015, le Prix de la solidarité du Consell de Mallorca, le Prix Ramon Llull pour l’initiative commerciale, décerné par le Gouvernement des îles Baléares, et le Prix National des Amis de la Terre pour ses activités environnementales.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

Aujourd’hui, plus de 220 personnes – dont près de la moitié proviennent de groupes en situation d’exclusion sociale, ou risquant de l’être – travaillent au service de la Fundació Deixalles. Près de 300 personnes participent à des programmes de formation et d’inclusion ; plus de 1.000 personnes sont passées par son bureau d’orientation professionnelle ; plus de 5.100 écoliers ont directement pris part à ses activités et plus de 42.000 y ont participé indirectement. La fondation peut compter sur quelque 30 bénévoles et 140 personnes exécutant des travaux bénéficiant à la communauté.

En termes d’impact environnemental au cours de l’année écoulée, la Fundació Deixalles a géré 784 tonnes de vêtements usagés, plus de 900 tonnes de meubles et de déchets volumineux, 24 tonnes de papier, 10 tonnes de verre, 900 tonnes d’emballages et plus de 600 kg d’huile usagée. Selon la directrice de la Fundació Deixalles : « Nous collectons plus ou moins 2.000 tonnes de déchets, dont 80% peuvent être recyclés. » « Nous collectons tout ce dont les personnes se débarrassent : vêtements, livres, mobilier et appareils électriques, toujours en conservant à l’esprit qu’ils peuvent être recyclés ». Tout cela a permis d’éviter l’émission de 5.000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. La fondation dispose de 215 bulles à vêtements et a ouvert cinq magasins proposant des articles recyclés et Fairtrade à ses clients.

Le projet a progressivement été étendu à d’autres domaines, tels que la promotion de produits de nettoyage Fairtrade ou respectueux de l’environnement, ainsi qu’à l’éducation environnementale susmentionnée.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

La Banque Triodos œuvre en faveur de l’intégration dans la société et sur le marché du travail des populations exposées à un risque d’exclusion : les immigrés, les chômeurs de longue durée, les mères célibataires, les jeunes défavorisés, les drogués, les victimes de violences sexuelles, les minorités ethniques et les anciens condamnés, entre autres.

En ce qui concerne la préservation des richesses naturelles, la Banque Triodos estime qu’il est essentiel de comprendre que la préservation de la planète relève d’une responsabilité partagée. Ensemble, nous pouvons tous contribuer à la gestion durable des ressources. Cela englobe le traitement des déchets, la promotion des réparations, la réutilisation et le recyclage de tous les objets et matériaux pouvant avoir une seconde vie.

La Fundació Deixalles a réussi à combiner des considérations sociales et environnementales. Elle peut offrir un avenir meilleur aux personnes en difficultés et, simultanément, minimiser l’impact des déchets sur l’environnement.

Projets sociaux – Exemple concret (photo)

Simon Conway, Company Secretary de Thera Trust.

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Thera aide les adultes qui ont des difficultés d’apprentissage. Il devient de plus en plus difficile de trouver un logement adapté convenant aux personnes qui en ont besoin. Or, ce type de logement est essentiel pour permettre aux personnes que nous soutenons de mener une vie épanouissante et indépendante dans leur communauté locale. Alors que Thera recevait toujours plus de demandes d’aide, nous étions souvent incapables d’apporter un soutien à ces personnes tant qu’elles n’avaient pas trouvé un endroit approprié pour vivre. Cela nous a incités à rechercher des financements pour acheter et adapter des biens immobiliers – « une maison ordinaire dans une rue ordinaire » – pour des gens qui, autrement, n’auraient aucun endroit approprié pour vivre.

Avec quelle innovation vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

Forward Housing SW, l’organisme de bienfaisance qui fait partie de Thera et loue des logements, dispose d’une équipe spécialisée qui travaille avec des particuliers, leurs familles et les personnes qui s’occupent d’eux, ainsi qu’avec des cercles de soutien plus larges, afin d’identifier les logements appropriés et les adapter en fonction des besoins spécifiques d’une personne. Le logement est ensuite loué à une association de logements pour permettre à la personne de disposer d’un bail garanti et de bénéficier de la sécurité d’un logement approprié, ainsi que du soutien quotidien très qualitatif offert par l’une des sociétés d’aide et de soins de Thera.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

La Banque Triodos a aidé Thera à lever 2 millions £ à travers un véhicule d’investissement philanthropique. En plus d’aider à fournir un logement à certaines des personnes que nous soutenons – et qui sont parmi les plus fragilisées –, la Banque Triodos a jeté des ponts entre Thera Trust et toute une série de nouveaux investisseurs, qui commencent à montrer un intérêt pour les organisations caritatives et notre façon de travailler. La Banque Triodos a également contribué à structurer nos processus de réflexion internes, en nous aidant à considérer une gamme plus large d’options financières et en ouvrant des portes à différentes voies de financement, à différents niveaux de risque et de complexité.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

Nous sommes fiers d’offrir des opportunités d’emploi à des fonctions de direction et de leadership à des personnes ayant des difficultés d’apprentissage. Nous estimons être le seul organisme important aidant des adultes avec des difficultés d’apprentissage dans le pays à avoir intégré à ses conseils d’administration des directeurs exécutifs qui ont des difficultés d’apprentissage. Actuellement, huit personnes actives dans de telles fonctions démontrent que leur handicap n’empêche pas des qualités évidentes de leadership, confortant ainsi la vision de notre organisation.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

Nous sommes convaincus que les personnes qui connaissent des difficultés d’apprentissage peuvent être des leaders dans la société. Nous cherchons à stimuler le leadership par l’exemple. Le fait d’avoir, au sein de l’organisation, des fonctions de direction occupées par des personnes ayant des difficultés d’apprentissage et de les impliquer de différentes manières dans la direction générale et le management de Thera en est une preuve incontestable. Nous cherchons également à aider les gens à développer leurs relations d’amitié et leurs réseaux dans leur communauté locale et à diminuer leur dépendance en les rémunérant. Parallèlement, nous aspirons à renforcer la capacité de ces mêmes communautés à accueillir des personnes qui ont des difficultés d’apprentissage, et qui étaient traditionnellement mises au ban de la société, en leur montrant qu’elles sont capables de réaliser de grandes choses si elles bénéficient d’un bon soutien. Nous encourageons, par ailleurs, une plus grande inclusion et une prise de conscience des personnes que nous soutenons.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

Il est important pour nous de travailler avec des organisations qui défendent des valeurs éthiques. Nous étions très heureux d’apprendre que la Banque Triodos ait envie de travailler avec Thera, et d’impliquer réellement les gens que nous soutenons à l’ensemble du processus de décision. Les avis et commentaires des personnes soutenues contribuent à définir notre mission et notre façon de travailler. La Banque Triodos a été très réceptive à leurs besoins et à leurs souhaits. Pour nous, c’est une chance de travailler avec une institution financière qui ne s’investit pas seulement dans la durabilité de nos projets, mais qui partage aussi notre envie de fournir le meilleur service possible afin de répondre au mieux aux besoins des personnes que nous soutenons.

Soins de santé

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Créée aux Pays-Bas en 2014, Yoni produit des serviettes et tampons hygiéniques à base de coton biologique. En 2011, Mariah Mansvelt Beck, cofondatrice de Yoni avec Wendelien Hebly, a été diagnostiquée comme ayant un cancer de l’ovaire à un stade précoce. Son médecin lui a alors recommandé l’usage de tampons et de serviettes à base de coton biologique pour limiter l’irritation vaginale. Lorsque Mariah Mansvelt Beck a voulu suivre cet avis médical, elle s’est rendu compte que les produits hygiéniques en coton bio étaient difficiles à trouver, excepté dans quelques magasins de produits bio.

Elle a également découvert une chose bien plus importante : la composition des tampons conventionnels n’est pas détaillée sur l’emballage. Ce qui a profondément choqué Mariah et Wendelien : les ingrédients sont énumérés avec précision sur la quasi totalité des produits de consommation, mais pas sur ces produits à usage intime. Elles ont réalisé que la plupart des tampons et serviettes hygiéniques sont fabriqués avec des matières synthétiques comme la rayonne (viscose) et certains plastiques, et contiennent également des parfums. Les femmes peuvent être sensibles à ces substances, avec un risque possible d’irritations.

De quelle manière innovante vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

Yoni estime que les femmes ont le droit de connaître la composition des produits qu’elles achètent. L’entreprise y contribue en détaillant l’ensemble des ingrédients utilisés sur ses emballages et en brisant le tabou qui entoure la menstruation.

Les règles sont un signe de bonne santé et n’ont rien de secret. C’est pourquoi Yoni accorde une attention particulière à la communication et au design de ses emballages, qui s’inspirent en partie de ceux des produits cosmétiques et des articles de soins. Les emballages de ces produits sont attrayants et, pour Yoni, il doit en être de même pour les tampons et serviettes hygiéniques.

L’approche de Yoni est très populaire. En 2016, l’entreprise a décroché la première place dans l’Innovation Top 100 des PME néerlandaises. Elle doit principalement cette reconnaissance à ses campagnes de communication innovantes et à la large disponibilité de ses produits, vendus sur son propre webshop mais aussi dans des chaînes de pharmacies populaires aux Pays-Bas.

Quel impact la Banque Triodos a-t-elle eu sur votre entreprise ?

Yoni a démarré ses activités avec un capital constitué par plusieurs investisseurs et un financement participatif (crowdfunding). Depuis un an, l’entreprise collabore avec la Banque Triodos.

C’est grâce à un crédit de la Banque Triodos que Yoni a pu élargir sa présence dans plusieurs pays. Ses produits sont désormais disponibles en Allemagne, en Grande-Bretagne et au Benelux notamment. Mais l’entreprise veut poursuivre son expansion, raison pour laquelle un financement de la Banque Triodos est si important.

Quel impact votre projet a-t-il eu sur votre secteur d’activité ?

Yoni cherche à sensibiliser davantage les femmes. Aussi l’entreprise veille-t-elle particulièrement à mettre en évidence les ingrédients contenus dans ses produits d’hygiène personnelle. Yoni pense que les femmes devraient réfléchir à ce type de produits. En faisant ‘simplement’ figurer la composition des produits sur ses emballages, elle espère encourager les fabricants conventionnels à se montrer également transparents. Avant de lancer Yoni, Mariah Mansvelt Beck et Wendelien Hebly ont contacté les marques traditionnelles pour les interroger au sujet de la composition de leurs produits. Il leur fut parfois difficile d’obtenir des réponses. La situation a évolué depuis, et certains sites web de grandes marques communiquent maintenant des informations au sujet de la composition de leurs produits.

Yoni s’inscrit dans un mouvement plus vaste. Depuis quelques années, les consommateurs posent des questions, notamment à la Commission européenne, au sujet du manque de transparence entourant la composition de certains produits. Ces questions sont le reflet d’une prise de conscience croissante parmi les consommateurs.

Quel a été l’impact de votre projet sur la collectivité ?

Les menstruations ne font toujours pas partie des sujets de discussion normaux, même si le mot ‘tabou’ provient d’un terme polynésien qui se traduit littéralement par ‘cycle menstruel’. Une étude révèle que 19% des jeunes filles néerlandaises ignorent tout des règles avant leur premier cycle. Ce sujet n’est pas abordé avec elles, ce qui est, pour Yoni, un réel problème. Les règles peuvent se révéler une expérience traumatisante si elles apparaissent subitement alors que vous en ignorez tout.

Yoni plaide pour une normalisation de la discussion autour du thème de la menstruation. L’un des moyens d’y parvenir est de ne pas recourir aux euphémismes : l’entreprise utilise donc explicitement les mots ‘vagin’ et ‘menstruation’ sur les emballages de ses produits, par exemple.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle la vision qui sous-tend votre projet ?

Mariah Mansvelt Beck et Wendelien Hebly sont des entrepreneures qui veulent concrétiser leur vision du monde dans une entreprise commercialement prospère, tout comme le fait la Banque Triodos.

Au sein de Yoni, elles examinent la production et les processus opérationnels de manière critique, et tendent à rendre ceux-ci les plus durables possible. Elles considèrent également que l’élément central pour diriger une entreprise durable est d’avoir un modèle d’affaires solide et de générer du profit. C’est l’unique voie possible pour permettre à Yoni de contribuer fortement à des changements positifs sur le long terme.

Quel défi ce projet devait-il relever ?

Le Ringoven, une ancienne briqueterie est installée à Panningen, une ville du sud des Pays-Bas. L’usine a fermé ses portes en 1989 et a engendré une dégradation de la qualité de vie dans la ville au cours des années suivantes. Un nombre croissant de services sociaux ont progressivement déserté la ville. Mais la briqueterie classée a été rénovée et réaménagée. Depuis 2014, elle est devenue un lieu de rencontre très prisé.

Le Ringoven propose des locaux à différents organismes sociaux. Par exemple, elle abrite une agence qui organise des sessions de travail pour les personnes confrontées à des difficultés d’apprentissage. Une garderie et des activités sont proposées aux personnes plus âgées et atteintes de démence, ainsi qu’une garderie parascolaire. Un organisme social, Rendiz, propose également des services de réception et loue des salles.

En quoi l’approche du projet est-elle innovante ?

Les différents organismes sociaux et commerciaux qui y sont installés mettent conjointement en œuvre et poursuivent les objectifs de Ringoven. Le bâtiment est devenu le cœur de la ville et de ses environs. Les promoteurs de ce réaménagement ont réussi à regrouper tous ces organismes. Et ils y sont parvenus d’une manière commercialement fructueuse : le Ringoven – qui fait partie intégrante de Rendiz – associe des réceptions et des offres de location à des initiatives sociales, et propose des services de garderie, générant des revenus. Le projet est un exemple classique d’entrepreneuriat social innovant.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur ce projet ?

La Banque Triodos a financé le réaménagement intérieur du bâtiment. Mais son implication ne s’est pas limitée à ce seul aspect. La Banque Triodos est un partenaire essentiel de Rendiz, le promoteur de ce redéveloppement. La Banque réfléchit avec ce dernier au financement potentiel de projets similaires de Rendiz dans d’autres régions de la province.

Quel est l’impact du projet sur le secteur ?

La principale force du Ringoven réside dans le fait qu’il abrite des organismes provenant de différents secteurs, tels que les soins de santé, l’éducation et l’accueil hôtelier. Le projet démontre que cette approche intégrée peut être fructueuse. L’exploitation d’un bâtiment classé tel que le Ringoven est onéreuse. Le réaménagement en un centre social multifonctionnel implique également des coûts élevés. Mais un monument tel que celui-là peut être rentable si les coûts y afférents sont supportés par plusieurs acteurs.

Quel est l’impact du projet sur la société ?

La région de Panningen est confrontée à différents problèmes, allant d’une population âgée et d’une démographie décroissante au déclin et à la disparition des services à la collectivité.

La région n’est pas la seule dans ce cas : plusieurs communautés sont confrontées aux mêmes problèmes aux Pays-Bas. Mais le redéveloppement du Ringoven est une référence de poids. Il contribue à la revitalisation de la collectivité et de la cohésion sociale dans la ville. Le bâtiment est également un pôle et une source d’inspiration pour d’autres projets de développement. Depuis la réouverture du Ringoven, différents organismes se sont implantés, non seulement à l’intérieur, mais également autour du bâtiment. Une école primaire a désormais ouvert ses portes à côté de l’ancienne briqueterie. Panningen revit.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision dans le cadre de ce projet ?

La Banque Triodos contribue à la qualité de vie d’une collectivité. Elle s’est engagée à multiplier les opportunités de développement personnel, à créer une société bienfaisante et à renforcer l’écologie et l’environnement.

Il est donc logique la banque soit partie prenante dans le Ringoven. Après tout, le projet propose des opportunités de développement aux personnes exclues du marché du travail, une éducation aux enfants et il contribue également à la cohésion sociale dans la ville. Les services hôteliers font appel aux produits locaux et équitables. Et, enfin, il s’agit d’un magnifique bâtiment – un monument national – conservé pour les générations futures dans une ville revitalisée.

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Le Centre Ganspoel a pour mission d’accompagner les personnes atteintes de handicaps visuels et multiples dans un lieu qui leur soit le plus adapté possible.

Le campus central de Ganspoel est magnifiquement implanté à la campagne, mais est également très isolé. En parlant avec les jeunes, nous sommes arrivés à la conclusion qu’un grand campus n’est pas la solution idéale pour combiner école et logement. Ce groupe doit prendre part à la vie sociale, comme tous les autres jeunes non handicapés : ils doivent pouvoir pratiquer un sport dans un club sportif local, aller seul à la boulangerie, sortir prendre un verre ; bref, prendre part à la vie de tous les jours.

Nous estimons donc qu’il faut plutôt relocaliser ce groupe de jeunes dans le centre-ville de Tervuren. Cette relocalisation offre la possibilité de vivre dans le centre-ville, à proximité des infrastructures de loisirs et dans une rue adjacente à la rue commerçante et à la place de l’église.

Quel était l’élément innovant dans la manière de résoudre ce problème ?

L’aspect innovant de ce projet réside dans l’approche du groupe cible. Des projets inclusifs de logement pour adultes existaient depuis plusieurs années. Mais pas pour les jeunes. Les enfants originaires de différentes provinces vont à l’école au Centre Ganspoel, ce qui signifie qu’un hébergement est généralement nécessaire. Afin de fournir une assistance la plus adaptée possible, le projet nécessitait des infrastructures sur mesure et une localisation spécifique.

Quel a été l’impact de l’entreprise ou de l’organisation sur son secteur d’activités ?

Le secteur du bien-être pour les personnes handicapées subit actuellement une mutation importante ; le financement privé était le principal point d’attention. Actuellement, cela vaut uniquement pour les adultes, mais cela sera élargi aux jeunes à un stade ultérieur. Le projet est également totalement harmonisé avec des évolutions et M. Vandeurzen, le ministre belge pour le Bien-être, la Santé publique et la Famille, l’a récemment cité en exemple lors d’une récente allocution.

Quel a été l’impact de l’entreprise ou de l’organisation sur la collectivité ?

Le conseil communal a soutenu notre projet dès le début et a collaboré avec notre équipe. Des bénévoles, comme les instructeurs du club local de judo, ont également reçu des informations sur la manière de pratiquer un sport avec des personnes déficientes visuelles. Des entreprises locales ont proposé des stages aux jeunes. Les habitants et les sympathisants ont également été invités à l’inauguration du nouveau bâtiment. Les jeunes impliqués ne sont plus appelés les « jeunes de De Pit », mais par leur nom et sont considérés comme des membres de l’association.

Quand le conseil a envisagé des travaux de mobilité, il a consulté notre équipe afin d’aménager des trottoirs pourvus de marquages tactiles permettant d’orienter les personnes aveugles. Il a tenu compte des personnes déficientes visuellement lors de l’installation de nouveaux feux de signalisation.

L’arrivée de groupe de jeunes a eu un impact sur la politique du conseil. Elle lui a été bénéfique, mais l’a également été pour tous les autres habitants et visiteurs de la ville, handicapés ou pas.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur l’entreprise ou l’organisation ?

La Banque Triodos nous a fait confiance et a financé le projet. Dès lors, nous pouvions nous concentrer totalement sur le contenu et la valeur ajoutée pour nos clients.

Nous démarrons actuellement un nouveau projet ; cette fois, sur le campus central du Centre Ganspoel. Nous sommes ravis de pouvoir collaborer une nouvelle fois avec la Banque Triodos. Outre les avantages sociaux, nous souhaiterions nous assurer que le présent projet est durable dans une plus large perspective (par exemple, pour ce qui concerne les techniques et les matériaux utilisés dans le cadre de la construction).

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision dans le cadre de ce projet ?

La Banque Triodos poursuit également l’objectif du projet : favoriser une intégration maximale des personnes handicapées. Je crois que nous y sommes parvenus. Peut-être l’intégration complète est-elle encore un peu prématurée, mais cela est peut-être dû à son manque de visibilité dans la société entendue au sens plus large. Mais les jeunes avec lesquels nous collaborons sont totalement intégrés dans la communauté locale.

Soins de santé – Exemple concret (photo)

Sabine L. Distler, directrice de St. Elisabeth

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Nous savions dès le départ que nous voulions faire de St. Elisabeth un endroit qui offrait les meilleures conditions de vie et d’hébergement pour les personnes âgées. Il est apparu très vite que cela impliquerait d’importants travaux de rénovation, particulièrement au vu des réglementations régionales visant à améliorer les conditions d’hébergement. Toutefois, notre concept résidentiel innovant et notre approche holistique vont bien au-delà de cet objectif.

Concrètement, nous devions non seulement répondre à des exigences légales, par exemple sur le plan de l’accessibilité physique, mais également à nos propres attentes, inspirées par les recherches les plus récentes en gérontologie (étude des aspects sociaux, psychologiques, cognitifs et biologiques du vieillissement) et en matière d’habitat. Cela constituait certainement – et constitue toujours – un défi. Mais un beau défi !

Avec quelle innovation vous êtes-vous attaquée à ce problème ?

La façon de vivre des résidents de St. Elisabeth, à Nuremberg, devait autant que possible être définie par les résidents eux-mêmes. Pour nous, il est clair que cette ambition nécessite un environnement social solide, un contact étroit avec d’autres personnes et une aide pour les tâches quotidiennes.

Dès lors, notre première question était de savoir comment créer un espace de vie qui permette aux personnes âgées de déterminer elles-mêmes leur mode de vie. Nous devions éliminer toutes les barrières, et pas seulement au sens physique comme, par exemple, supprimer les obstacles à la salle de bain en utilisant des lavabos au design ergonomique et des douches d’accès facile, équipées de mains courantes.

Nous avons également supprimé toutes les barrières visuelles. Nous avons utilisé pour ce faire un système spécial de couleurs et d’éclairage qui favorise l’orientation, particulièrement pour les personnes atteintes de démence. Ce système améliore leur sentiment de bien-être et de sécurité. Nous avons également choisi un revêtement mural qui, en plus d’être esthétique, contient une structure spéciale qui aide les personnes malvoyantes à trouver leur chemin vers l’extérieur, en se guidant au moyen de signes reconnaissables.

Nous avons, par ailleurs, insisté en permanence sur les conditions de travail de nos employés. Notre approche holistique les inclut bien évidemment. Nous voulons qu’ils se sentent bien pour être en mesure d’apporter une assistance et des soins impeccables.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

Pouvoir compter sur une banque si intéressée par le contenu de ce que nous faisons était une nouveauté pour nous. En plus de la collaboration à un niveau professionnel, le contact personnel est également important. La Banque Triodos croit en notre concept et cela nous réconforte. Et bien sûr, c’est la Banque Triodos qui nous a permis de réaliser notre projet à cette échelle et avec ce niveau de détail si important.

Ce souci du détail incluait notamment l’utilisation de matériaux de construction et de peintures respectueux de l’environnement, ainsi que des moyens financiers durables. Nous sommes attachés au développement durable – à terme, nous espérons servir d’exemple positif pour le secteur des soins et améliorer encore nos pratiques sur le long terme. Cela signifie que nous partageons les mêmes valeurs que la Banque Triodos. Nous sommes sur un pied d’égalité en tant que partenaires car nous voulons changer les choses.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

Il est important pour nous que nos projets génèrent beaucoup d’attention. Autant les médias que le public considèrent notre concept global comme un projet emblématique et nous ont témoigné un grand intérêt. Cela a un peu fait sensation et c’est une bonne chose – pour nous et pour la question d’un hébergement digne et de qualité pour les personnes âgées que nous défendons.

Nous sommes déjà devenus un modèle pour d’autres structures et c’est bien notre but : changer les choses. En alliant fonctionnalité et design, par exemple, nous traçons une voie vraiment unique dans le domaine des soins résidentiels.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

Notre projet a aidé à changer le regard sur les maisons de soins résidentielles, que ce soit au stade de la rénovation, du réaménagement ou de la construction. En d’autres mots, en créant volontairement des environnements qui garantissent que les résidents puissent vivre comme ils l’entendent, en autonomie, aussi longtemps que possible. Malheureusement, la réalité est souvent assez différente. Les bâtiments sont modernisés et rénovés sans que personne ne réfléchisse à l’interaction entre les composants individuels et à la manière dont ces ‘améliorations’ peuvent réellement aider les gens.

Nous voulons également créer un momentum dans le secteur social. Nous entrevoyons un grand potentiel de développement dans les prochaines années et décennies en raison de la demande croissante du secteur. Les soins de santé vont générer de nouvelles approches interdisciplinaires – en matière d’architecture, de technologie et de nouveaux médias. On peut espérer que cela mène à une plus grande reconnaissance du secteur social, qui le mérite amplement.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

La Banque Triodos souhaite voir un changement positif dans la société. Ce changement positif, c’est exactement ce que nous voulons aussi. C’est comme le principe de l’engrenage. Nous donnons vie à notre vision d’un monde meilleur en contribuant à la qualité de vie et à l’autonomie des personnes, tout en préservant leur dignité. Nous apportons notre pierre à l’édifice d’un futur positif, tout comme la Banque Triodos.

Nous pouvons atteindre notre objectif de durabilité en collaboration avec la Banque Triodos. Une durabilité qui nous permet, autant que possible, de répondre aux besoins sociaux du futur.

Soins de santé – Exemple concret (photo)

Benoît Ceysens, directeur Ferme Nos Pilifs

Qu'est-ce qui a inspiré ce projet ?

Pour rester des acteurs solides dans une économie en perpétuelle mutation, les entreprises de travail adapté doivent apprendre à travailler de manière flexible avec l’économie traditionnelle. Il nous faut un modèle économique inclusif, ce qui impose de réorganiser l’énergie, les emplois et les produits de manière à ce que chacun puisse trouver un travail. Cela suppose de jeter des ponts entre l’économie sociale et l’économie traditionnelle. Nous devons réinventer notre manière de travailler.

En outre, il est important que la ferme ne soit pas uniquement considérée comme une entreprise de travail adapté. Les gens ne doivent pas y aller par charité. La Ferme Nos Pilifs est une entreprise à part entière, exigeante sur l’utilité et la qualité du travail réalisé.

Quelle idée avez-vous eue pour répondre à ce problème ?

La Ferme Nos Pilifs a fait de la diversification sa ligne de conduite. Elle a choisi de développer des petits métiers artisanaux locaux, proches des besoins des gens, avec une forte dimension relationnelle et non délocalisables. Les visiteurs y trouveront une jardinerie et une entreprise de jardin écologiques, un estaminet, une épicerie bio vendant entre autres les fruits récoltés sur place, une boulangerie et pâtisserie artisanales, un parc animalier, un service de manutention et d'envoi de mailing. La Ferme Nos Pilifs emploie aujourd'hui 170 personnes dont 140 ont un handicap modéré.

Chaque activité est conçue sur mesure en tenant compte des capacités de l’employé et chaque travail doit avoir une dimension sociale, un rendement suffisant et rentrer dans le cadre écologique.

Quel impact la Banque Triodos a-t-elle eu sur votre entreprise ?

Comme toute entreprise, la Ferme Nos Pilifs a besoin de partenaires financiers fiables. Lorsque nous avons rencontré la Banque Triodos la première fois, c’est plus qu’une relation « client/fournisseur » qui s’est établie, c’est une vraie relation de partenariat.

Lorsque nous avons un projet qui nécessite un investissement important, nous posons la question de la pertinence de tel ou tel mode de financement. Les réponses obtenues sont toujours d’abord des conseils et ensuite des propositions commerciales. C’est précieux de pouvoir faire une totale confiance à son banquier.

Quel impact le projet a-t-il eu sur le secteur dans lequel vous êtes actif ?

Le modèle d’entreprise inclusive que la Ferme Nos Pilifs a développé est unique dans le secteur. Une telle diversification et une telle ouverture sur le quartier et la ville sont uniques. Cette particularité n’empêche pas la Ferme Nos Pilifs d’être très active au sein de la fédération FEBRAP et de militer en faveur du maintien des emplois pour les travailleurs les plus faibles.

Quel impact votre projet a-t-il eu sur la collectivité ?

L’implantation de la Ferme Nos Pilifs à Neder-Over-Heembeek a eu un impact positif sur le quartier. En effet, par la nature de ses activités ouvertes sur son quartier et par son implication dans la vie sociale de Neder-Over-Heembeek, la Ferme Nos Pilifs a donné une identité positive au quartier. La rencontre entre nos travailleurs et les « voisins » permet une véritable intégration dans le quartier.

En quoi la Banque Triodos partage-t-elle la vision du projet ?

Donner un emploi aux personnes porteuses d’un handicap et les valoriser socialement cadre parfaitement avec les principes de base de l’économie sociale - un secteur dans lequel la Banque Triodos est présente depuis 20 ans déjà en tant qu’acteur financier.

Finance inclusive

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Le marché du financement des taxis intéresse assez peu les institutions financières traditionnelles. Le marché des crédits automobiles au Pérou se partage entre un petit nombre d’acteurs qui se concentrent sur le financement de voitures neuves pour des clients fortunés. Par ailleurs, la majorité de la flotte de taxis actuelle se compose de voitures anciennes et polluantes : 30% des taxis circulant à Lima ont plus de 15 ans et devraient être remplacés, conformément à des règlements municipaux adoptés en 2016.

Acceso Crediticio est le seul acteur au Pérou à se positionner sur le marché officiel naissant des crédits automobiles ciblant des chauffeurs à bas revenus et des taxis respectueux de l’environnement.

De quelle manière innovante vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

Acceso Crediticio est une entreprise péruvienne de services financiers fondée en 2011 et qui dispose déjà d’une large expérience dans le crédit automobile. Elle joue un rôle important dans l’inclusion financière : 70% de ses clients n’ont pas de compte dans une autre institution financière, et un sur cinq ouvre un compte pour la première fois.

La majorité des clients de l’entreprise sont des chauffeurs de taxi indépendants et à bas revenus qui auraient, sans son intervention, très peu de possibilités d’acquérir leur véhicule. Acceso donne la priorité à l’octroi de crédits pour des taxis roulant au CNG (gaz naturel comprimé). Les véhicules au CNG sont une alternative plus propre et plus efficace aux taxis alimentés par des combustibles fossiles. Acceso contribue ainsi directement à la lutte contre le changement climatique en réduisant le nombre de voitures polluantes au Pérou.

Quel impact la Banque Triodos a-t-elle eu sur votre entreprise ?

Les prêts octroyés par le Triodos Fair Share Fund et le Triodos Microfinance Fund ont aidé Acceso à étendre son périmètre d’action. Ces prêts sont libellés en monnaie locale, ce qui signifie qu’il n’y a pas de risque lié au taux de change. C’est également vrai pour les clients d’Acceso Crediticio puisque ses crédits sont également conclus dans la monnaie locale. Grâce au soutien des fonds Triodos, Acceso a pu étendre son action à 14.850 clients, sans devoir créer un large réseau de filiales potentiellement coûteux.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

Acceso Crediticio se concentre sur le financement de microentreprises et de PME dans le secteur automobile, avec un accent clairement placé sur l’inclusion financière. En tant que pionnier de ce type de financement au Pérou, Acceso Crediticio est un acteur innovant sur ce marché et constitue un exemple à suivre par ses pairs.

Quel a été l’impact de votre entreprise sur la collectivité ?

Acceso Crediticio est leader dans l’octroi de crédits pour des taxis au CNG au Pérou. C’est cette spécialisation qui rend l’entreprise si unique. Près de 70% de son portefeuille de crédits est alloué à des microentreprises ou PME qui cherchent à acheter des véhicules au CNG ou à convertir leurs véhicules à essence en véhicules roulant au CNG. De manière générale, l’entreprise se distingue par un impact social et environnemental élevé. Elle aide à la fois à améliorer les conditions de vie des chauffeurs et à promouvoir un environnement plus propre et plus sain dans les communautés où elle est présente.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle la vision qui sous-tend votre projet ?

Acceso Crediticio applique un modèle d’affaires unique. Ce modèle représente une opportunité à impact élevé pour les fonds de Triodos Investment Management, à la fois en termes d’inclusion financière et de gain environnemental, dans un segment qui est actuellement sous-investi par des acteurs locaux et internationaux.

Quel défi a été la source d’inspiration de ce projet ?

LIndonésie présente un des taux dexclusion financière les plus élevés dAsie. Environ 50% de la population na pas accès aux services financiers tels que les comptes dépargne ou les microcrédits. Cela induit un impact important sur la qualité de vie de ces personnes.

En sa qualité dinstitution financière, Bina Artha souhaite éradiquer ce problème. En faisant plus que simplement accorder des prêts pour des activités entrepreneuriales. Le prêt pour assainissement en est un exemple. En Indonésie, 40% de la population, soit près de 100 millions de personnes, na pas accès à des installations sanitaires dignes de ce nom, car elle ne peut tout simplement pas se le permettre. Dès lors, beaucoup ont recours à des installations de fortune là où ils peuvent les trouver.

Quelle innovation vous a permis de résoudre ce problème ?

Bina Artha a récemment commencé à proposer un prêt pour assainissement permettant dinstaller des toilettes à lintérieur dune habitation. Outre loctroi du financement, elle aide également les emprunteurs à créer une activité leur permettant de rembourser le prêt et, enfin, à améliorer leurs conditions de vie à long terme.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur lentreprise ?

Les prêts consentis par le Triodos Fair Share Fund et le Triodos Microfinance Fund permettent à Bina Artha délargir son rayon daction. Les prêts sont consentis en monnaie locale, ce qui signifie que Bina Artha ne doit pas supporter le risque de change. Grâce à ces prêts, Bina Artha a pu aider 226.000 clients via un réseau de 227 filiales et 99% de ses clients sont des femmes. Alors que la moitié des ménages quelle assiste vit sous le seuil de pauvreté fixé à 2 USD par jour.

Les zones dopérations de lentreprise sont disséminées dans lîle de Java, avec une focalisation sur les régions rurales. Elle prévoit détendre ses activités à dautres régions de lIndonésie également.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activités ?

Bina Artha remplit un rôle clé au sein du secteur financier en Indonésie via sa mission consistant à fournir des services financiers spécialisés aux populations économiquement actives, à faibles revenus et essentiellement féminines, et ce, dune manière équitable, transparente, efficace et durable.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

Bina Artha opère essentiellement dans les zones rurales, où habitent quelque 70% de ses clients. Ces zones se caractérisent par une absence de services et produits financiers de base. Linstitution est bien implantée dans les communautés quelle assiste et recrute son personnel au niveau local. De nouveaux produits sont développés en tenant compte des besoins des clients, comme le démontre le prêt dassainissement récemment lancé.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision dans le cadre de ce projet ?

La Banque Triodos collabore avec Bina Artha depuis 2013, via ses fonds financiers inclusifs. La Banque Triodos partage la même vision que Bina Artha : améliorer linclusion financière dans le pays et intégrer ceux qui sont traditionnellement exclus.

Les deux entreprises reconnaissent limportance de développer un modèle des meilleures pratiques de Microfinance Institution en contribuant au développement dun secteur financier inclusif. En effet, des organismes tels que celui-ci représentent un levier essentiel pour un développement durable à long terme.

Microcrédit – Exemple concret (photo)

Hannes Manndorff, directeur de DAWN Myanmar

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Lorsque Accion a commencé à envisager d’investir au Myanmar il y a deux ans et demi, moins d’un cinquième de la population avait accès à de réels services financiers et il y avait très peu d’acteurs actifs dans la microfinance dans le pays. Bien que le Myanmar se soit engagé dans un processus de réformes politiques et économiques, c’est toujours le troisième pays le plus pauvre d’Asie. Le vaste marché inexploré de la microfinance, ainsi qu’une infrastructure très faible et un environnement réglementaire très incertain, ont constitué à la fois une opportunité et un défi que nous nous sommes engagés à relever.

Avec quelle innovation vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

Accion s’est associée à Triodos Investment Management et FMO, deux institutions avec lesquelles nous avons une longue et fructueuse collaboration, afin de remettre une offre d’achat pour le seul organisme de microfinance du pays qui était ouvert à une acquisition : Save the Children’s DAWN Microfinance. Après avoir remporté l’appel d’offres, le consortium a transféré avec succès toutes les activités, y compris le personnel et les actifs, de Save the Children vers une nouvelle société, avec pratiquement aucune coupure pour les clients comme pour le personnel. Cette acquisition et la transformation qui a suivi ont présenté un énorme avantage par rapport au fait de démarrer une entreprise de zéro, ce qui aurait été l’unique alternative pour offrir des services financiers de haute qualité à l’importante partie de la population qui n’a pas accès à une banque au Myanmar. La transformation institutionnelle de ce qui était un programme de Save the Children en une société de microfinance à but lucratif, agréée par la Banque Centrale, a réellement été une avancée majeure pour le Myanmar à l’époque.

Quel a été impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

Lorsque Triodos Investment Management, FMO et Accion se sont associées pour reprendre ce jeune organisme de microfinance, le Myanmar se caractérisait encore par une grande incertitude politique, économique et réglementaire. L’unité et l’engagement des trois investisseurs pour faire de DAWN un acteur de microfinance performant ont convaincu Save the Children de vendre l’entité au consortium. Tant Triodos que FMO ont apporté beaucoup d’expérience et de crédibilité à l’opération, ce qui a influencé positivement les régulateurs pour l’obtention des approbations nécessaires et des licences. Triodos a également généré beaucoup de valeur grâce à son implication au niveau de la gouvernance de DAWN, à travers Femke Bos, gestionnaire du Triodos Microfinance Fund et membre très active du conseil d’administration, dont elle préside aussi le comité d’audit. De plus, DAWN a bénéficié du réseau de relations plus large dont dispose Triodos dans la région, par exemple en facilitant la visite sur le terrain d’organismes leaders de la microfinance au Cambodge. Cette visite a aidé l’entreprise à accéder aux meilleures pratiques en matière de gouvernance, de management et de fonctionnement quotidien.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

Depuis que le consortium a racheté DAWN en mars 2015, nous avons doublé le nombre de clients actifs pour atteindre 54.000 personnes. Les investisseurs présents dans le consortium s’efforcent également d’influencer le développement du secteur en servant d’exemple pour de la microfinance de haute qualité au Myanmar et en jouant un rôle actif aux côtés des régulateurs et de la communauté des acteurs de l’inclusion financière au sens large.

Quel a été l’impact local de votre entreprise sur la collectivité ?

Grâce à l’investissement réalisé par Triodos Investment Management, FMO et Accion, DAWN a pu rapidement étendre ses services vers de nouveaux territoires et servir des milliers de clients qui n’avaient auparavant aucun accès à une banque. Depuis le rachat, les clients ont également bénéficié de produits optimisés, de délais de traitement accélérés et de frais réduits. Les investisseurs et DAWN s’engagent à renforcer encore l’offre de produits, à améliorer l’expérience client et à atteindre au moins 200.000 clients actifs dans les quatre prochaines années.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle votre vision ?

Depuis le tout début du partenariat, Triodos Investment Management, FMO et Accion ont partagé la même vision au sujet du Myanmar et de DAWN, à savoir utiliser ce dernier comme un véhicule pour promouvoir l’inclusion financière dans le pays, développer une microfinance performante, contribuer au développement du secteur financier et rechercher à la fois un retour financier et social dans une perspective à long terme.